Commerce de peaux d’ours polaires: un taxidermiste condamné à 5000 $ d’amende

Une entreprise québécoise de taxidermie et un particulier ont été condamnés à 5000 $ d’amende pour avoir enfreint la loi régissant l’exportation des peaux d’ours polaires entre les provinces.

Nature 3M, de Normandin, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, a été condamné la semaine dernière à 5000 $ d’amende pour avoir exporté deux peaux d’ours polaires en Colombie-Britannique en 2013. Le taxidermiste détenait les permis requis mais pas Marcel Parisien, qui avait vendu ces peaux. M. Parisien a d’ailleurs été condamné lui aussi à la même amende.

Sheldon Jordan, directeur général de l’application de la loi sur la faune à Environnement Canada, explique qu’il est primordial de pouvoir assurer la traçabilité des parties d’ours polaires vendues au Canada. Or, Marcel Parisien ne détenait aucun permis de vente ni les formulaires qui auraient permis de retracer l’origine des ours, a indiqué M. Jordan.

La traçabilité constitue l’une des pierres d’assise de l’argumentaire du Canada pour défendre la chasse sportive à l’ours polaire et son commerce, face aux pressions internationales croissantes. Les États-Unis ont tenté à deux reprises de faire interdire ce commerce au Canada, le seul pays du monde où la chasse sportive et la vente sont encore permises. Ces deux campagnes visaient à interdire le commerce de parties d’ours polaires tout comme on interdit la vente d’ivoire d’éléphants.

En 2014, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, forte de 180 pays signataires, a accepté de mener une vaste étude sur le commerce de prédateurs de l’Arctique.

Des chasseurs du sud sont prêts à débourser des dizaines de milliers de dollars pour tenter d’abattre un ours polaire. Un tapis de peau d’ours polaire peut se vendre de 16 000 $ à 35 000 $, selon la taille.

Le Canada a toujours plaidé que cette chasse sportive — gérée conjointement avec les Autochtones — est une activité durable et bien réglementée. Des quotas sont alloués chaque année aux Autochtones, qui peuvent ensuite les vendre s’ils le veulent à des chasseurs sportifs du Sud. Toutes les peaux doivent cependant être étiquetées pour en préciser la provenance. Selon les autorités et les Autochtones, on abattrait chaque année moins de 500 ours polaires, une chasse jugée «durable» par les scientifiques.

Le Canada exporte de 300 à 350 peaux d’ours polaires par année. Mais le prix des peaux d’ours polaires a quintuplé de 2009 à 2013, avant de se replier un peu depuis, a indiqué Sheldon Jordan, qui dirige aussi le comité d’Interpol sur le commerce illégal d’animaux sauvages.