Commission sur l’avenir des médias: la première journée en cinq citations

QUÉBEC — Voici cinq citations tirées lundi de la commission parlementaire sur l’avenir des médias:

«Au Québec, à l’heure actuelle, il y a une cinquantaine de villes et municipalités qui ont des règlements adoptés en vigueur qui interdisent la captation d’images et de son lors des séances publiques. (…) Il y a également parfois des maires qui expulsent des journalistes avec l’argument qu’ils nuisent au décorum.» 

— Marie-Ève Martel, journaliste à La Voix de l’Est et auteure d’«Extinction de voix: plaidoyer pour la sauvegarde de l’information régionale»

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«Au cours des cinq à dix dernières années, les journalistes et l’ensemble des travailleurs des médias ont consenti jusqu’à 30 pour cent de leurs avantages, que ce soit en termes de salaires ou de conditions de travail. Les employés eux-mêmes font grandement leur part pour maintenir ces journaux-là et ces salles de nouvelles-là ouvertes, et malheureusement, ça ne suffit plus. Je crois qu’il faut regarder ailleurs.» 

— Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN), qui a évoqué une taxe de 1 pour cent sur les outils électroniques

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«Peut-on seulement s’imaginer une campagne électorale sans journalistes professionnels? Peut-on seulement imaginer si les seules sources de nouvelles étaient les communiqués de presse des partis politiques, des multinationales et les communications préparées par des blogueurs dans leurs sous-sols? Malheureusement, c’est ce qui nous guette collectivement si on ne met pas en place des mesures pour aider nos médias d’information, régionaux et nationaux, à garder la tête hors de l’eau.»

— Laura-Julie Perreault, présidente sortante du Syndicat des travailleurs de l’information de La Presse

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«Pour ajouter l’insulte à l’injure, ces mêmes géants (du web), qui ne produisent aucun contenu journalistique, vampirisent les médias traditionnels, empochent les revenus publicitaires et ne paient aucune redevance pour la production de ce même contenu, et en plus, ils ne sont pas tenus de contribuer à la création de contenu canadien. À sa face même, cela est injuste et doit faire l’objet d’une intervention rapide du législateur. Il faut applaudir la décision de la France, qui n’a pas eu peur d’imposer une taxe de 3 pour cent, non pas sur les bénéfices, mais sur le chiffre d’affaires des GAFA (géants du web).»

— Daniel Boyer, président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)

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«C’est le nerf de la guerre, une agence de presse qui alimente en temps réel 24 heures sur 24 les médias au Québec. (…) On ne peut pas imaginer le Québec sans La Presse canadienne. (…) Je sais qu’ils font partie des médias qui veulent avoir de l’aide, ils ont déjà été exclus du programme provincial, je crois il y a deux ans, il faudrait que les critères soient élargis pour protéger les agences de presse. (…) La PC est un élément fondateur de la démocratie au Québec et au Canada anglais.»

— Patrick White, professeur de journalisme à l’UQAM, sur l’effet domino de la crise de financement sur La Presse canadienne