Commotions: un retour à l’école rapide serait bénéfique pour les jeunes

MONTRÉAL — Les jeunes qui ont subi une commotion cérébrale auraient tout intérêt à retourner à l’école dès que possible, en autant que des mesures soient prises pour accommoder leurs symptômes, ont constaté des chercheurs de l’Institut de recherche du Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario (CHEO).

Et paradoxalement, plus les symptômes étaient intenses, plus les bienfaits engendrés par un retour à l’école étaient grands.

«Notre nouvelle étude renforce vraiment l’importance de ramener les enfants le plus tôt possible à leurs activités, aux activités qu’ils aiment faire, qu’ils veulent faire, dont ils ont besoin pour leur santé mentale et leur santé physique», a résumé la professeure Andrée-Anne Ledoux, de l’Institut de recherche du CHEO.

La croyance populaire maintient que les jeunes qui ont été victimes d’une commotion cérébrale ont besoin de calme et de repos pour se rétablir. Cette étude s’inscrit pourtant dans la foulée de plusieurs recherches antérieures qui démontrent qu’une reprise rapide des activités ― sportives, éducatives et autres ― est bénéfique après une commotion cérébrale, pour autant qu’elle soit bien encadrée.

Les chercheurs ont examiné 1600 jeunes qui sont retournés à l’école dans les 48 heures après leur commotion cérébrale, comparativement à ceux dont le retour en classe s’est fait plus tard.

Ils ont constaté qu’un retour précoce à l’école dans les deux jours était associé à un meilleur rétablissement dans les deux semaines suivant la commotion cérébrale chez les jeunes âgés de 8 à 18 ans. De plus, les bienfaits qui en découlaient étaient plus grands chez les jeunes qui étaient les plus symptomatiques.

«L’idée, c’est de ramener les enfants à l’école le plus vite possible, mais de façon sécuritaire», a dit Mme Ledoux. 

Si l’enfant est incommodé par le bruit ou la lumière, a-t-elle cité en exemple, on devra prendre des mesures pour l’accommoder. L’école doit travailler avec les élèves, avec les parents et avec l’équipe de soins de santé pour adapter des mesures pour cet enfant, pour permettre un retour à l’école le plus tôt possible, a ajouté Mme Ledoux.

On pourrait par exemple envisager des journées plus courtes, des pauses pendant la journée ou encore un allègement de la charge de travail à la maison, a-t-elle dit. Les écoles qui exigent une note du médecin ou que l’enfant soit complètement asymptomatique avant d’autoriser son retour devraient aussi se raviser à la lumière des nouvelles connaissances, croit-elle.

«Ce n’est pas un modèle ‘one size fits all’, a précisé la chercheuse. On dit que pour la moyenne des gens, oui, retourner à l’école le plus tôt possible, après 48 heures, semble réduire les symptômes à deux semaines. Mais comme pour n’importe quelle maladie, il faut tenir compte de l’individu, de ses symptômes, parce que les commotions cérébrales ne sont pas toutes identiques.»

Même un enfant très symptomatique peut pratiquer certaines activités, poursuit-elle; de voir la commotion cérébrale de manière passive n’aide pas au rétablissement, puisque le jeune devient alors peut-être un peu plus passif envers sa guérison. 

Les bienfaits d’un retour rapide en classe pourraient découler d’une réduction du stress de manquer l’école, d’un retour à un rythme normal de sommeil/éveil et d’une reprise rapide de la socialisation.

«On l’a vu pendant la pandémie, pour n’importe qui, a dit Mme Ledoux. Le fait d’être isolé à la maison crée plus d’anxiété et plus de dépression. De retourner à l’école sans avoir à faire des devoirs ou sans devoir faire le travail, juste même de marcher à l’école, de revoir ses amis, d’avoir cette connexion sociale, pour un enfant c’est énorme pour son développement social, pour son développement mental normal.»

S’empêcher de pratiquer les activités que nous aimons faire et que nous avons envie de faire nuit vraiment à notre qualité de vie, rappelle-t-elle.

«C’est pour ça que c’est important de retourner à ce qu’on fait tout en prenant connaissance que oui, j’ai une commotion cérébrale, je ne peux pas foncer, (…) je dois juste prendre ça tranquillement, puis revenir avec des accommodements à l’école», a conclu Mme Ledoux.

Les conclusions de cette étude sont publiées par le journal médical JAMA Network Open.

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