Comorbidité et vaccination: l’Ontario se fiera à la bonne foi des citoyens

TORONTO — Les Ontariens n’auront pas à fournir la preuve de leurs problèmes de santé préexistants pour être vaccinés au cours de la deuxième phase du déploiement, qui s’amorcera en avril.

La ministre de la Santé, Christine Elliott, a précisé que le gouvernement faisait confiance aux citoyens pour qu’ils se présentent aux cliniques de vaccination quand ce sera leur tour, sans tenter de profiter de ce système de déclaration volontaire, basé sur l’honneur.

Le vaccin sera offert à partir d’avril aux personnes souffrant de problèmes de santé spécifiques, comme les receveurs d’une greffe d’organe ou les malades qui suivent des traitements immunodépresseurs.

La ministre Elliott a indiqué que les bureaux régionaux de santé publique évalueront les personnes à leur arrivée à la clinique de vaccination et pourraient vérifier des informations auprès d’un médecin de famille, mais ce ne sera pas obligatoire.

Elle a admis que certaines personnes pourraient être invitées à revenir à un autre moment, mais cela n’a pas été vraiment un problème jusqu’ici, a-t-elle dit. «Les gens suivent les règles, ils arrivent au moment opportun, ils sont très patients et ils veulent s’assurer que les personnes les plus à risque seront vaccinées en premier.»

Les vaccinations des Ontariens «prioritaires», notamment les résidents et le personnel des foyers de soins de longue durée, se terminent actuellement et certains bureaux régionaux ont même déjà commencé à offrir la vaccination au grand public, en commençant souvent par les aînés de plus de 80 ans.

Par ailleurs, on a terminé lundi l’administration des premières doses de vaccins dans 31 communautés autochtones accessibles par avion, ce que le gouvernement a qualifié de «jalon» dans ses efforts en régions éloignées. L’Ontario souhaite administrer les deuxièmes doses dans ces collectivités d’ici la fin d’avril.

Déconfinement graduel

L’Ontario signalait lundi 1631 nouveaux cas de COVID-19, mais le gouvernement affirme que ce bilan est plus élevé que prévu en raison d’un «processus de rattrapage des données» dans son système de collecte. La province a également enregistré 10 décès supplémentaires liés au virus.

Des 1631 nouveaux cas signalés lundi, 568 étaient recensés à Toronto, 322 dans sa banlieue de Peel et 119 dans celle de York. L’Ontario affirme que 994 autres cas ont été résolus depuis la dernière mise à jour quotidienne.

Ces nouveaux bilans sont publiés alors que les dernières ordonnances de maintien au domicile en Ontario étaient levées lundi à Toronto, dans sa banlieue de Peel et dans la région de North Bay. Depuis quelques semaines, la province assouplit progressivement ses restrictions liées à la pandémie imposées il y a près de deux mois.

La ministre Elliott a indiqué que le gouvernement avait adopté une «approche sûre et prudente» pour mettre fin au confinement de la province, qui a commencé en janvier.

Les trois régions de Toronto, Peel et North Bay étaient les dernières encore sous l’ordonnance «restez à la maison»; elles reviennent maintenant au Cadre d’intervention du gouvernement pour la COVID-19, avec son code de couleurs. Les régions de Toronto et de Peel entrent ainsi dans le palier «gris — confinement», comme le demandaient les responsables locaux de la santé publique.

Ces mesures strictes permettront tout de même à plus de commerces d’ouvrir leurs portes — avec des restrictions —, mais les centres de conditionnement physique, les salles à manger des restaurants et les services de soins personnels resteront fermés.

Des clients ont fait la queue devant le Centre Eaton de Toronto, lundi matin, attendant l’ouverture de ce centre commercial au centre-ville. Des lignes se sont également formées à l’extérieur de plusieurs grands magasins du centre-ville. Bianca Charles avouait lundi qu’elle était tellement excitée d’aller magasiner en personne qu’elle n’avait pas dormi de la nuit. Elle a dit qu’elle ne magasinait rien en particulier — elle était seulement impatiente de sortir, «de faire quelque chose».

Certains restaurateurs ont déclaré qu’ils ne pourraient pas survivre beaucoup plus longtemps avec les livraisons et les commandes pour emporter, à moins d’être autorisés à rouvrir leur salle, même à capacité réduite. «Déplacez-nous en zone rouge pour que nous ayons une chance de nous battre. Même 14 jours dans un « confinement gris » pourraient signifier la fin de mon entreprise et de bien d’autres», a soutenu Regan Irvine, propriétaire du Irv Gastropub, à Toronto, dans une lettre ouverte aux responsables publiée la semaine dernière.

«Au cours de la dernière année, ma mère et moi avons épuisé nos économies pour essayer de maintenir le restaurant à flot. Nous avons décaissé des REÉR, vidé les comptes d’épargne, épuisé les cartes de crédit et maximisé les marges de crédit parce que les programmes d’aide gouvernementale ne suffisent tout simplement pas.»

La région de North Bay sera quant à elle placée en «palier rouge», le deuxième niveau le plus restrictif des mesures sanitaires.

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