Compte rendu à la commission d’un entretien entre Trudeau et Bergen sur le convoi

OTTAWA — Des notes prises lors d’un entretien téléphonique entre le premier ministre Justin Trudeau et Candice Bergen, qui était alors cheffe conservatrice par intérim, donnent un aperçu de leur discussion sur la possibilité d’ouvrir le dialogue avec les manifestants du «convoi de la liberté», arrivés à Ottawa la semaine précédente.

Un compte rendu de cet appel téléphonique du 3 février a été publié par la Commission sur l’état d’urgence, qui doit déterminer si le gouvernement Trudeau était justifié d’invoquer la Loi sur les mesures d’urgence pour mettre un terme aux blocages autour de la colline du Parlement et à des postes frontaliers.

M. Trudeau et Mme Bergen ont eu un entretien lors de la première journée en fonction de la cheffe de l’opposition par intérim — le caucus conservateur avait évincé Erin O’Toole.

La commission avait précédemment appris que l’une des proches conseillères de M. Trudeau a suggéré que Mme Bergen avait reconnu lors de cet appel qu’il y avait des «préoccupations importantes» concernant la possibilité de dialoguer avec les manifestants — ce qui pourrait créer «un mauvais précédent».

Au même moment, à la Chambre des communes, Mme Bergen pressait le premier ministre de tendre une «branche d’olivier» aux manifestants qui bloquaient les rues d’Ottawa.

Dans une déclaration publiée vendredi sur Twitter, Mme Bergen accuse M. Trudeau d’avoir «mal interprété» leur entretien. Elle soutient qu’elle a dit à l’époque au premier ministre que les gens devaient être entendus et que la réponse à la manifestation devrait impliquer le dialogue. 

«Je croyais qu’il pouvait accomplir toutes ces choses. Qu’il aurait pu atteindre cet équilibre pour que les manifestants ne se sentent pas complètement rejetés», écrit-elle.

«L’interprétation et la sémantique entourant le compte rendu d’une conversation privée entre moi et le premier ministre ne sont pas en cause ici. Le problème est le recours injustifié à la Loi sur les mesures d’urgence par un premier ministre qui agit toujours comme un lâche en manipulant, en trompant et en déformant la vérité. Et il le fait maintenant dans le cadre d’une enquête fédérale.»

Selon des notes prises par l’entourage du premier ministre lors de leur entretien, Mme Bergen aurait souhaité voir une résolution des manifestations, «trouver un moyen pour que les gens rentrent chez eux».

«Si vous avez des idées ou des choses que vous pensez pouvoir faire, une façon de le dire serait de tendre une branche d’olivier — nous aimerions même pouvoir travailler avec vous pour y arriver», aurait déclaré Mme Bergen, selon le compte rendu rédigé par le cabinet du premier ministre.

En réponse, M. Trudeau aurait convenu qu’il pourrait y avoir des opportunités de travailler ensemble, mais aurait déclaré que certaines des choses exigées par les manifestants ne seraient jamais sur la table. 

«Je crains de créer un précédent — que ceux qui auraient des revendications viennent bloquer la rue Wellington», aurait poursuivi le premier ministre, selon le compte rendu de son cabinet.

Selon ces notes, Mme Bergen aurait été d’accord et aurait ajouté: «Je pense que vous devez être prudent et, en tant que premier ministre, vous ne voulez pas créer un mauvais précédent. Je suis sûre que vous discutez et que vous tentez de trouver des solutions.»

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