Confinement et couvre-feu: réactions nombreuses des syndicats et employeurs

MONTRÉAL — Le retour à l’école des élèves du primaire lundi prochain et une semaine plus tard pour les élèves du secondaire suscite de l’inquiétude au sein du personnel des établissements scolaires, selon la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

La CSQ, qui représente 125 000 personnes du personnel de l’éducation, dit comprendre que ce soit dans «l’intérêt de la réussite des élèves» dans un communiqué transmis en soirée. Elle insiste toutefois pour que tous les moyens nécessaires soient mis en oeuvre pour garantir «une qualité de l’air saine et sécuritaire dans les bâtiments» puisque le virus peut se transmettre par aérosols.

La Fédération des établissements d’enseignement privés dit accueillir aussi favorablement le retour en classe des élèves du préscolaire et du primaire le 11 janvier, comme prévu.

Elle propose toutefois au gouvernement Legault «d’offrir une flexibilité aux écoles afin qu’elles puissent accueillir sur place les élèves plus vulnérables, car plusieurs d’entre eux ont besoin d’un encadrement soutenu pour réussir».

Cette fédération regroupe 137 écoles secondaires privées ainsi que 111 écoles préscolaires-primaires et 12 écoles spécialisées en adaptation scolaire, fréquentées au total par plus de 120 000 élèves.

Dans le milieu des garderies, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) dénonce toutefois que la santé de ses membres ne soit pas prise en compte dans le «traitement-choc» annoncé par le premier ministre François pour freiner la propagation de la COVID-19 au Québec.

Le syndicat ne comprend pas le maintien des services de garde alors que le Québec sera en confinement presque total jusqu’au 8 février.

Des mesures bien accueillies dans des secteurs jugés essentiels

Du côté des employeurs qui pourront maintenir certaines activités, on pousse un soupir de soulagement.

L’Association de la construction du Québec (ACQ) salue la décision du gouvernement de faire en sorte que les activités de la construction se poursuivent.

L’association, qui représente des entrepreneurs en construction, estime que «la fermeture des chantiers une seconde fois en moins de 12 mois aurait pu avoir des conséquences désastreuses pour l’économie du Québec».

Le secteur manufacturier continuera aussi ses activités, sauf pour celles jugées non essentielles, ce qui a été accueilli avec soulagement par Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) qui représente 1100 manufacturiers à travers la province.

Le Conseil de l’industrie forestière du Québec s’engage aussi au respect strict des règles sanitaires dans ce contexte sans précédent.

Plus d’aide financière demandée pour les entreprises

Si la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) soutient l’effort collectif pour vaincre la pandémie, elle s’inquiète toutefois pour la survie de plusieurs entreprises.

Elle soutient qu’une aide financière directe plus importante que ce qui a été annoncé par le passé devrait être prévue.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) est du même avis, d’autant plus avec l’ajout de nouvelles contraintes qui obligeront les commerces à fermer à 19 h 30 pour la mise en place d’un couvre-feu.

La FCEI se dit toutefois encouragée par le fait que «sa demande» afin de permettre la cueillette de marchandises en bordure de rue a été entendue.

«Face aux restrictions, les commerçants restent dans l’incertitude quant à une ouverture prochaine. Grâce au ramassage en bordure de rue, ils retrouveront une forme de certitude de pouvoir mieux rejoindre leurs clients. Cette décision aidera donc les petits détaillants de proximité », a affirmé François Vincent, vice-président Québec à la FCEI.

«Il est vital que les entreprises qui vivent les restrictions imposées et celles dont les ventes ont chuté (notamment dans le secteur de l’événementiel) aient accès aux programmes d’aide», a précisé M. Vincent.

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