Conflit commercial sur le bleuet: la Colombie-Britannique aide les agriculteurs

VICTORIA — La Colombie-Britannique apporte une contribution financière pour aider les producteurs de bleuets à mener la bataille dans l’enquête commerciale imminente aux États-Unis sur les bleuets importés, y compris du Canada.

Le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, a demandé en septembre à la Commission du commerce international des États-Unis de mener une enquête après avoir appris que les agriculteurs américains souffrent de la concurrence des bleuets importés qui coûtent moins cher.

Le ministre de l’Emploi et de la Relance économique de la Colombie-Britannique, Ravi Kahlon, a affirmé que la province accorde à Ottawa environ 80 000 $ pour mener des recherches économiques afin de renforcer la stratégie juridique du Canada en vue d’une audience le mois prochain.

M. Kahlon a soutenu que la grande majorité des bleuets frais que le Canada exporte vers les États-Unis proviennent d’environ 800 producteurs de bleuets de la Colombie-Britannique, alors que dans l’ensemble, le Canada est l’un des principaux importateurs de bleuets frais américains.

La Commission du commerce international pourrait recommander d’imposer des droits de douane ou des quotas si elle constate que les producteurs de bleuets américains ont souffert ou risquent de subir des dommages en raison des importations, mais M. Kahlon se dit optimiste quant à un résultat positif puisque la part du Canada dans le marché américain des bleuets a diminué ces dernières années.

La première audience de l’enquête est prévue le 12 janvier.

«L’ironie de tout cela est que le Canada, dans l’ensemble, importe en fait plus de bleuets que nous n’en exportons aux États-Unis, a déclaré mercredi M. Kahlon dans une entrevue. Il se trouve que la Colombie-Britannique est le principal producteur.»

Un rapport du bureau de M. Lighthizer indique que le Pérou est le premier exportateur de bleuets aux États-Unis en valeur. Ses exportations de bleuets valaient environ 12,6 millions $ en 2014 et elles sont passées à plus de 485 millions $ en 2019.

Le Chili et le Mexique sont arrivés deuxième et troisième l’an dernier, tandis que les exportations canadiennes de bleuets vers les États-Unis se sont classées quatrièmes, évaluées à près de 116 millions $, en hausse par rapport à un peu moins de 102 millions $ cinq ans plus tôt.

Anju Gill, la directrice générale du Conseil des bleuets de la Colombie-Britannique, estime que de répondre aux enquêtes commerciales peut coûter plus d’un million de dollars, ce qui explique pourquoi la province et le gouvernement fédéral soutiennent les organisations représentant l’industrie pendant qu’une équipe juridique prépare le dossier.

«Nous estimons qu’il n’y a pas de préjudices du point de vue canadien», a déclaré Mme Gill, ajoutant qu’il n’y avait pas eu une augmentation marquée des exportations de bleuets canadiens aux États-Unis.

Dans une lettre adressée à M. Lighthizer en septembre, des membres du Congrès du Maine ont plaidé en faveur des producteurs de bleuets du nord de la frontière, affirmant que l’industrie de transformation des bleuets de l’État dépend des importations en vrac du Canada.

Les entreprises transforment les bleuets périssables excédentaires en produits surgelés prêts à être distribués et vendus, ont expliqué les élus.

«Ces importations en vrac ne nuisent pas aux producteurs nationaux de bleuets sauvages du Maine, mais plutôt ces opérations permettent à de nombreuses entreprises de bleuets du Maine de survivre», lit-on dans leur lettre.

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