Conflit de pêche en Nouvelle-Écosse: un homme accusé de voies de fait

HALIFAX — Un homme âgé de 74 ans a été accusé dans la foulée des violents affrontements survenus le mois dernier dans un entrepôt de homards du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a indiqué samedi qu’Yvon Thibault, du comté de Digby, fait face a deux chefs de voies de fait en lien avec la flambée de violence survenue à New Edinburgh, le 14 octobre.

Des installations où étaient entreposées des prises de homard de pêcheurs autochtones ont été saccagées dans le cadre de deux affrontements qui, selon la police, ont impliqué environ 200 personnes sur les quais de New Edinburgh et de Pubnico-Ouest-le-Centre.

M. Thibault doit comparaître devant un tribunal de Digby, le 15 février.

Un autre homme a été arrêté le mois dernier, sous soupçon d’avoir agressé le chef de la première nation de Sipekne’katik, Mike Sack, lors des échauffourées du 14 octobre. Le sergent Andrew Joyce de la GRC précise qu’il y avait eu deux autres victimes d’agression ce jour-là et que M. Thibault n’est pas accusé de s’en être pris au chef autochtone. 

La police fédérale continue de recueillir des éléments de preuve sur cette journée extrêmement tendue et demande à toute personne détenant des informations sur les événements survenus à l’entrepôt de communiquer avec le détachement de Meteghan.

Les pêcheurs commerciaux non autochtones protestaient alors contre une pêche au homard lancée par des Mi’kmaq dans la baie Sainte-Marie en vertu de leur droit de pêcher quand et où ils le souhaitent dans le but d’assurer un «moyen de subsistance convenable».

La Cour suprême du Canada avait confirmé ce droit issu de traités dans une décision rendue en 1999, mais avait précisé quelques mois plus tard que les pêches autochtones pourraient être soumises à une réglementation fédérale à des fins de conservation.

L’opposition persiste

La Nova Scotia Seafood Alliance continue de s’opposer à la tenue d’une pêche en dehors de la saison régie par le gouvernement fédéral.

En entrevue, samedi, le président de l’association, Osborne Burke, a déclaré qu’elle appuie le droit de pêcher des Mi’kmaq — mais en conformité avec la réglementation établie par le ministère des Pêches et des Océans.

«Nos membres font des affaires de plusieurs millions de dollars d’un bout à l’autre de la province avec des communautés des Premières Nations pendant les pêches commerciales régulières et on s’attend à ce que ça continue, soutient M. Burke. Ce qu’on dit, c’est qu’on n’appuie pas tout ce qui est en dehors des saisons régulières.»

Selon M. Burke, il est question de protéger les stocks de homard pendant la période de mue des crustacés, car même un petit nombre de casiers peut faire de grandes prises.

M. Burke, qui est également directeur général de la Victoria Fisheries Co-Operative (Coopérative des Pêches de Victoria), au Cap-Breton, affirme aussi que la réglementation provinciale stipule clairement que les fruits de mer ne peuvent être achetés que s’ils sont capturés avec un permis fédéral.

Il ne revient pas à une association de l’industrie de se prononcer sur un arrêt de la Cour suprême, fait valoir Cheryl Maloney, une militante de la première nation de Sipekne’katik.

S’ils choisissent de ne plus faire affaire avec les Mi’kmaq, ceux-ci trouveront simplement de nouveaux marchés et partenaires, avance-t-elle.

À ses yeux, cette décision nuirait toutefois à l’économie locale à long terme parce que la pêche de subsistance sera appelée à «croître et évoluer».

Dans une déclaration publiée vendredi, la ministre fédérale des Pêches, Bernadette Jordan, a soulevé des préoccupations sur la santé des stocks de homard dans la baie de St. Peters, au Cap-Breton.

La ministre a souligné que si le gouvernement reconnaît les droits autochtones issus de traités, «l’ampleur et le fonctionnement des activités actuelles de pêche dépassent même les propositions de pêche de subsistance convenable des Premières Nations».

Le chef de la première nation de Potlotek, Wilbert Marshall, objecte que sa communauté ne compte que sept bateaux de pêche dans la baie de St. Peters et  il ne croit pas que cela pose des problèmes de durabilité.

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