Congrès de la FTQ: Daniel Boyer, qui quittera, livre son message

MONTRÉAL — Quelque 1200 délégués des différents syndicats de la FTQ se réuniront en congrès, à compter de lundi — un congrès à l’issue duquel le président, Daniel Boyer, prendra sa retraite.

Le président de la plus grande centrale syndicale du Québec quittera après trois mandats à la présidence et un comme secrétaire général.

En entrevue avec La Presse Canadienne, Daniel Boyer a confié partir «en paix» et envisager «une vraie retraite», à faire du vélo et à jouer au golf — ce qui ne signifie pas qu’il repousse à l’avance toute offre qui pourrait lui être présentée.

«Je ne renonce pas non plus à certaines propositions qu’on pourrait me faire. On me dit que je suis sur toutes sortes de listes. Je ne sais pas. Si on me propose des choses intéressantes, qui coïncident avec des valeurs que j’ai défendues toute ma vie, je ne dis pas non.»

Mais il faudra que cela soit moins accaparant que diriger une centrale syndicale de 600 000 membres, en plus d’agir comme premier vice-président du conseil d’administration et membre du comité exécutif du Fonds de solidarité FTQ, de siéger au comité exécutif du Congrès du travail du Canada, en plus du conseil général de la Confédération syndicale internationale. Et c’est sans compter toutes les organisations paritaires patronales-syndicales du Québec auxquelles il siège également.

Bilan

De ces années passées à la présidence de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec, Daniel Boyer retient «la grande confiance des travailleurs envers la FTQ». Et «c’est réciproque», s’empresse-t-il d’ajouter.

Sous son règne se sont passées plusieurs importantes batailles comme celles de la protection des régimes de retraite en cas de faillite d’entreprise, du salaire minimum et de la révision du régime de santé et sécurité au travail, entre autres.

Il se dit fier aussi d’avoir su maintenir une «assez bonne solidarité» entre les grands syndicats de la FTQ: Métallos, Unifor, Teamsters, Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), Syndicat québécois des employés de service SQEES), Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) et autres. «C’est même grandissant entre les affiliés», tout comme l’entraide entre les syndicats du privé et du public de la FTQ, argue-t-il.

Et un front commun intersyndical a cette fois pu être reconstitué pour la prochaine négociation du secteur public.

Ne plus gouverner seul

S’il a un message à livrer au gouvernement Legault, c’est d’accepter le dialogue social et de cesser de rendre les syndicats responsables de ce qui ne va pas, dans la santé et l’éducation par exemple.

«Je souhaite que ce ne soit pas une dictature, que ce gouvernement ne gère pas le Québec du haut de ses 90 députés, en décidant, la CAQ seule, pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois, pendant les quatre prochaines années. Parce que ça sera pas l’fun.»

Pendant plus de deux ans de pandémie, il y a eu décret sur décret, notamment pour imposer des conditions de travail aux employés, en mettant de côté les syndicats, selon lui.

«Le gouvernement, comme législateur, s’est permis ce qu’il ne permet à aucun autre employeur. Il n’y a aucun autre employeur qui peut modifier de façon unilatérale des conditions de travail dans un milieu syndiqué où il y a un contrat de travail», a lancé M. Boyer.

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