Congrès national: les jeunes libéraux veulent laisser leur marque

OTTAWA — De jeunes membres du Parti libéral du Canada (PLC) espèrent influencer les prochaines politiques de leur formation sur des enjeux importants pour leurs générations, comme les difficultés d’accès au logement, afin de mieux repousser la menace électorale que représentent les conservateurs de Pierre Poilievre.

«Malheureusement, les chiffres montrent que beaucoup de jeunes sont avec lui», constate le président des Jeunes libéraux de Guelph, en Ontario, Mustafa Zuberi, au sujet du nouveau leader conservateur.

Le libéral âgé de 22 ans, qui était à Ottawa jeudi pour le début du Congrès national du PLC, fait partie des organisateurs du mouvement «Mayday» visant à attirer davantage de jeunes dans leurs rangs.

«Mayday», ou «M’aider» en français, fait référence à l’appel d’alarme que peuvent envoyer des pilotes d’avion ou capitaines de navire qui se retrouvent face à une catastrophe imminente.

«Impliquer la jeunesse à ce point-ci est la clé parce que nous pouvons les amener sur le bon chemin et voir ce qui est important, croit Mustafa Zuberi. Les impliquer au Parti libéral en ce moment peut donner aux jeunes une occasion d’apprendre, mais aussi au parti d’avoir un gros »boost » alors que nous avançons vers les années à venir.»

Le premier ministre et chef libéral, Justin Trudeau, a effectué un passage à une table ronde tenue jeudi après-midi par les Jeunes libéraux du Canada, l’un des premiers événements du Congrès national libéral.

Il leur a dit, dans une brève allocution, qu’ils sont parmi les membres les plus ambitieux du PLC, une attitude qui est la bienvenue pour répondre aux nombreuses préoccupations des gens.

«Il faut qu’on pense à ce qui va fonctionner d’ici les prochaines élections, à comment aller chercher les gens qui sont inquiets maintenant (…), mais il faut aussi réfléchir à où on va être dans 10, 25 et 50 ans, a insisté M. Trudeau. Et, vous, les jeunes libéraux, vous êtes tout le temps en train d’amener cette perspective-là.»

Coût du logement

L’accès à la propriété est un enjeu que Mustafa Zuberi aimerait voir à l’avant-plan au cours des prochaines années. «Moi-même, en tant que jeune, comment vais-je pouvoir me payer une maison? Nous sommes ici pour parler de ça», dit-il.

Une résolution parmi la trentaine qui seront débattues et votées au courant des trois jours de congrès porte d’ailleurs sur l’accès à des logements abordables.

La proposition vise notamment à ce que 20 % de tout le financement fédéral en matière de logement soit «dédié (…) aux jeunes âgés de 30 ans et moins».

Parmi les autres résolutions qui pourraient faire leur chemin jusque dans le prochain programme électoral des libéraux, on retrouve des propositions comme celle de rendre le vote aux élections fédérales obligatoire et celle de renouer avec l’idée d’une réforme électorale.

En prenant le pouvoir pour un premier mandat, en 2015, M. Trudeau avait promis de revoir le mode de scrutin, promesse qu’il a ensuite rapidement laissé tomber.

Peter Brennen, un membre ontarien du PLC, avoue avoir été «déçu» quand cet engagement a été relégué aux oubliettes. Jeudi, il distribuait des tracts pour inciter les membres à voter en faveur de la résolution sur la réforme électorale.

«(En ce moment), un parti recueille 40 % des voix et obtient 60 % des sièges au Parlement, que ce soit des conservateurs ou libéraux. (…) Ce n’est pas une démocratie», a-t-il dit à La Presse Canadienne.

La résolution pour laquelle il milite propose la création d’une «assemblée citoyenne nationale non partisane sur la réforme électorale».

M. Brennen, qui dit être un électeur qui change souvent de parti auquel il accorde son vote, croit qu’un mode de scrutin incluant «une forme de proportionnalité» encouragerait davantage les citoyens à voter.

L’ombre de Pierre Poilievre

Le Congrès national libéral se déroule à Ottawa jusqu’à samedi et est l’occasion pour les libéraux de s’assurer de charmer les électeurs aux dépens de Pierre Poilievre, alors que le PLC est au pouvoir depuis plus de sept ans.

«Les conversations que vous allez avoir ici, cette fin de semaine, sont essentielles non seulement pour choisir l’avenir du parti, mais aider à choisir l’avenir du pays», a lancé M. Trudeau à des membres de son parti assistant à une conférence de la Commission des peuples autochtones du PLC.

Le chef libéral, qui souffle, cette année, 10 bougies à la tête de son parti, a semblé déterminé à fouetter la motivation de ses troupes. Il doit prononcer un discours, en soirée, devant l’ensemble des militants rassemblés.

Aya Abu Shekh, une membre libérale de 20 ans, croit que beaucoup de Canadiens accumulent une frustration depuis la pandémie de COVID-19, entre autres, et que cela peut jouer en faveur de M. Poilievre.

«J’ai l’impression que la Parti conservateur est plus une menace en ce moment à cause que les gens sont frustrés. Ils veulent voir du changement et je ne sais pas s’ils comprennent nécessairement ce que (cette formation politique) leur donnerait», a dit la jeune femme de la région d’Ottawa.

Myah Tomasi, qui se porte candidate à la présidence des Jeunes libéraux du Canada, estime pour sa part que le chef conservateur a un message trop négatif pour réellement constituer une menace.

À son avis, le Parti libéral est «bien sûr un parti de jeunes».

Son adversaire, Liam Olson, est en également convaincu. «Les jeunes libéraux sont la seule force au Canada où les jeunes peuvent pousser leur parti et créer des politiques», estime l’aspirant-président des Jeunes libéraux. Selon lui, il est clair que les conservateurs n’ont pas ce même «cadre» pour la jeunesse.

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