Congrès virtuel du PLC: Retour sur une promesse jamais livrée

OTTAWA — Ce n’était pas prévu au programme, mais les militants du Parti libéral du Canada ont démarré leur congrès, jeudi soir, en revenant sur une promesse de longue date qu’ils n’ont jamais réussi à livrer: un programme national de garderies.

Le premier de trois jours de congrès virtuel devait mettre en vedette Paul Martin, ancien premier ministre et, surtout, ancien ministre des Finances qui a réussi à déposer des budgets fédéraux équilibrés.

Alors que le déficit fédéral atteint des sommets inégalés, poussé par la pandémie, M. Martin aurait cherché à prouver que le savoir-faire libéral est à la hauteur du défi d’un retour éventuel à l’équilibre budgétaire.

Paul Martin s’étant désisté à la dernière minute, c’est plutôt l’ancien ministre Ken Dryden qui a offert ses pensées aux 4000 militants réunis sur une plateforme virtuelle.

L’actuelle ministre des Finances, Chrystia Freeland, a fait la conversation à M. Dryden, un homme qui a moins brillé dans l’arène politique que sur la glace de la Ligue nationale de hockey.

Tout de même, Mme Freeland et M. Dryden ont tenté de convaincre les militants qu’un programme national de garderies a presque été livré en 2004 et que la prochaine fois, ce serait la bonne.

«Je crois vraiment que la COVID a ouvert une fenêtre d’opportunité politique», a déclaré Mme Freeland, en soulignant l’impact qu’ont eu les fermetures des services de garde au pays, fermetures provoquées par la pandémie.

La ministre a applaudi le modèle québécois et a supposé que le reste du pays est maintenant prêt pour un programme national du même genre. Le Québec a toujours réclamé un éventuel droit de retrait avec compensation si jamais pareil programme voyait le jour.  

L’entrée en matière de ce congrès s’est donc faite sans éclats. À peine quelques militants se sont-ils plaints dans l’option clavardage de la plateforme de quelques soucis techniques avec le son de la traduction. La plupart utilisait plutôt l’outil pour applaudir aux discours.

Il faut dire que les libéraux semblaient, jeudi, plutôt satisfaits de s’engager dans un exercice sans trop de remous.

Et ils semblaient espérer surtout en tirer une comparaison qui soit à leur faveur, avec le congrès conservateur tenu il y a trois semaines.

En entrevue téléphonique à quelques heures de l’ouverture du congrès virtuel, la députée montréalaise Rachel Bendayan, faisant partie des quatre coprésidents du congrès,  a tenu à rappeler que les militants conservateurs ont boudé une résolution qui reconnaissait l’existence des changements climatiques.

Elle voulait y voir la preuve que les militants conservateurs québécois avaient perdu de l’influence dans le parti d’Erin O’Toole.  

«Ça contraste très fort avec ce qu’on voit avec les conservateurs», a-t-elle dit en énumérant les résolutions mises de l’avant par les militants libéraux du Québec. 

L’aile québécoise du PLC propose trois résolutions à saveur environnementaliste qui seront débattues vendredi.

«En plus de voter contre une motion québécoise pour reconnaître la réalité des changements climatiques, les conservateurs ont également diminué le poids du Québec dans leur campagne de leadership. Et je pense que ça en dit long», a lancé Mme Bendayan.

Faisant écho à ses propos, le ministre Steven Guilbeault s’en est aussi pris aux conservateurs pendant un discours livré avant l’apparition de M. Dryden.

«C’est bon de faire partie d’un groupe qui, non seulement ne remet pas en question la réalité des changements climatiques, mais qui, aussi, réclame qu’on en fasse plus, et plus vite», a dit le ministre du Patrimoine.

Au Québec, si on se fie aux sondages, c’est plutôt à l’offre bloquiste qu’à l’offre conservatrice que les électeurs semblent comparer le programme libéral.

Probablement conscients des sondages, les militants libéraux québécois tentent donc une incursion sur un champ de bataille bloquiste. Ils proposent que l’augmentation de 10 % des prestations de la Sécurité vieillesse se concrétise dès l’âge de 70 ans, plutôt qu’à partir de 75 ans comme le prévoit le gouvernement de Justin Trudeau.

Depuis des mois, le Bloc québécois réclame que l’augmentation soit appliquée dès l’âge de 65 ans.

Mme Bendayan estime que si, ce week-end, les militants adoptent cette résolution d’accorder l’augmentation à 70 ans, son gouvernement sera ouvert à l’idée d’y donner suite. 

«Je ne suis pas dans le secret des dieux, mais peut-être même dans 10 jours, avec notre budget…», a-t-elle supposé.

Le budget fédéral sera déposé le 19 avril.

Laisser un commentaire