Consommation supervisée: une baisse de fréquentation depuis le couvre-feu inquiète

MONTRÉAL — Des organismes de première ligne en réduction des méfaits s’inquiètent de la baisse de fréquentation des sites de consommation supervisée et des centres d’accès au matériel de prévention, ainsi que de la judiciarisation des personnes les fréquentant, depuis l’entrée en vigueur du couvre-feu au Québec.

Les organismes CACTUS Montréal, Dopamine, L’Anonyme, Spectre de rue et Moms Stop the Harm ont sonné l’alarme, jeudi.

Selon le directeur adjoint de L’Anonyme, Julien Montreuil, nous sommes actuellement en pleine crise des surdoses au Canada. Il encourage donc les consommateurs de drogues, surtout ceux qui consomment seuls, à continuer de fréquenter les organismes.

Selon les organismes, l’accès au matériel de consommation à moindre risque, à la naloxone — antidote contre les surdoses d’opioïde —, à un espace d’injection sécuritaire et à un soutien psychosocial après 20 h est essentiel pour assurer la sécurité et la santé des personnes qui consomment des drogues par injection et inhalation. 

La chute de fréquentation des ressources durant la période de couvre-feu est particulièrement inquiétante pour des activités essentiellement nocturnes, notent les organismes, qui craignent que les personnes qui demeurent isolées meurent seules, et que celles qui restent avec d’autres soient contraintes de partager du matériel de consommation.

Les organismes demandent au Service de police de la Ville de Montréal et à ses agents de laisser circuler les personnes qui désirent fréquenter les sites de consommation supervisés après le couvre-feu.

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