Les contenants réutilisables seront maintenant acceptés chez Metro

MONTRÉAL — Des magasins de la chaîne d’alimentation Metro du Québec permettront aux clients d’apporter leurs contenants en plastique et leurs sacs à glissière, ce qui changera la donne dans l’industrie, prédit un spécialiste de la question.

La chaîne d’épiceries et de pharmacies a annoncé lundi qu’à compter du 22 avril, les clients pourront utiliser leurs propres contenants pour emballer les charcuteries, les viandes, les poissons, les fruits de mer, les pâtisseries, ainsi que les mets prêts à manger.

Les contenants en plastique et les sacs à glissière devront être propres et ne pas afficher de marque. Ils seront remplis par les employés et étiquetés pour passer à la caisse.

Les employés qui manipulent les contenants devront se laver les mains plus souvent pour éviter un contact entre les contenants et les surfaces utilisées pour préparer et servir les produits, est-il écrit sur le site de l’entreprise.

«Nous souhaitons réduire l’utilisation des emballages à usage unique. Nous avons donc mis en place une structure simple qui permet à nos clients d’apporter leurs contenants de la maison, tout en ne faisant aucun compromis sur la qualité et la salubrité des produits qu’ils se procurent chez nous», a déclaré le vice-président principal de l’entreprise, Marc Giroux.

Sylvain Charlebois, un professeur en distribution et politique agroalimentaire à l’Université Dalhousie, a souligné que jusqu’à maintenant, les joueurs de l’industrie hésitaient à faire ce virage en raison de préoccupations de salubrité et de contamination.

La décision de Metro, qui changera la donne dans l’industrie selon lui, démontre que l’entreprise a choisi de donner plus d’importance aux demandes des clients qu’aux possibles risques découlant de cette pratique, dont la transmission de bactéries telles que la listériose ou l’E. coli.

«Ce que Metro fait aujourd’hui, c’est d’envoyer un message clair comme quoi ils sont prêts à faire quelque chose, sont prêts à agir et changer leurs habitudes, tout en prenant un risque au niveau de la salubrité et l’innocuité des aliments», a-t-il expliqué.

«Mais avec l’appui du (ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec), c’est certain que le risque est moins grand.»

Selon M. Charlebois, ce n’est qu’une question de temps avant que d’autres chaînes d’alimentation emboîtent le pas à Metro.

Bien que le prix et la fraîcheur soient toujours des facteurs importants pour les consommateurs, les préoccupations environnementales sont de plus en plus hautes dans la liste, a-t-il ajouté.

Trois magasins de la chaîne ont été ciblés pour entreprendre une expérience sur l’usage des contenants réutilisables et des sacs à glissière, à Drummondville, L’Ancienne-Lorette, dans la région de Québec, et Saint-Eustache dans les Laurentides.

Selon M. Charlebois, en agissant rapidement, Metro se place comme chef de file pour dans le débat sur l’utilisation du plastique, ce qui est «bon pour l’entreprise et bon pour les consommateurs».

Mais il souligne toutefois que la mise en place de l’initiative pourrait se révéler complexe, surtout pour les employés qui devront dire aux clients que leur contenant n’est pas assez propre.

L’annonce de Metro a été applaudie par l’Association québécoise Zéro Déchet. La porte-parole Audrey Mougenot affirme que cette nouvelle politique sera surtout bénéfique pour les gens en région, qui n’ont pas accès à des magasins de vrac ou des magasins zéro déchet.

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