Contre le racisme: un ministre responsable, plus de formation continue et autres

MONTRÉAL — Pour lutter contre le racisme, Québec propose un train de mesures, parmi lesquelles la nomination d’un ministre, l’accroissement de la représentation des minorités visibles dans la fonction publique et diverses mesures touchant les corps policiers.

Trois ministres ont ainsi présenté, lundi à Montréal, le rapport du Groupe d’action contre le racisme: Lionel Carmant, délégué à la Santé et aux Services sociaux, Nadine Girault, de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, ainsi que Ian Lafrenière, responsable des Affaires autochtones.

«Ce que l’on présente aujourd’hui, ce sont enfin des actions cohérentes et concrètes. Jamais il n’y a eu une volonté aussi ferme d’agir et, surtout, de faire tout le suivi nécessaire pour que l’on puisse mesurer les effets de ces actions», a lancé la ministre Girault.

Le ministre Carmant a déploré le fait que, bien qu’on en parle depuis des années à coups de consultations et de rapports, «concrètement, rien n’a été fait» pour combattre le racisme. Cela «a entraîné un débat sémantique auquel nous souhaitons mettre un terme», a-t-il ajouté. Il dit préférer des mesures concrètes pour combattre le racisme sous toutes ses formes.

Ministre responsable

La mesure phare est celle de nommer un ministre responsable du dossier de la lutte contre le racisme. Il devra veiller à ce que les actions recommandées soient mises en place et qu’il y ait un suivi des dossiers.

«Ça va être son travail de taper sur les doigts de ceux qui ne font pas leur travail et de s’assurer de reconnaître ceux qui le font bien», a illustré la ministre Girault, en conférence de presse pour présenter le rapport.

Policiers

Le ministre Carmant, quant à lui, a énuméré quelques mesures qui toucheront spécifiquement les corps policiers, particulièrement l’interdiction des interpellations aléatoires de citoyens fondées sur la race, la religion, la condition sociale, l’origine ethnique, non seulement dans le Grand Montréal, mais dans tout le Québec et pour tous les corps de police.

«Pour que l’interpellation ait lieu, il faudra un motif clair de la part des forces de l’ordre et en informer le citoyen au moment de l’interpellation», a-t-il précisé.

Le ministre a dit croire que «cette mesure permettra de réduire considérablement, voire d’éliminer le profilage racial» au sein des services de police.

Il y aura même inclusion dans le code de déontologie des policiers de l’obligation de respecter cette mesure.

De  même, Québec veut  mettre en place plus de formation continue pour les policiers, les constables spéciaux et les agents des services correctionnels pour ce qui est des questions de discrimination, de racisme et de profilage.

Fonction publique

Le rapport revient à la charge avec la recommandation d’accroître la représentation des minorités visibles dans la fonction publique, en proportion de ce qu’elles représentent dans la population active.

Invitée à préciser si cela supposera des pourcentages pour chaque origine ou communauté ou bien un pourcentage global pour l’ensemble des minorités visibles, la ministre Girault a répondu: «ça va vraiment être au ministre responsable de mettre les objectifs».

D’autres mesures touchent par exemple la discrimination dans la location de logements et une section sur l’éducation contre le racisme dans le cadre de la révision déjà prévue du cours Éthique et culture religieuse.

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