Contrevenants des consignes sanitaires: la police appelée à sévir davantage

QUÉBEC — Fini le temps des avertissements. L’heure est venue d’opter pour la répression des délinquants de la COVID-19.

La police a reçu du gouvernement Legault le mandat clair de sévir davantage, à compter de maintenant, contre les contrevenants qui bafouent les mesures sanitaires.

Les enquêteurs de la CNESST ont reçu la même consigne.

Le premier ministre François Legault a dit mercredi avoir demandé aux corps policiers de ne pas hésiter à distribuer des amendes salées à tous ceux qui défient les directives gouvernementales destinées à combattre la pandémie. 

Les amendes imposées aux entreprises ou aux personnes délinquantes peuvent atteindre 6000 $.

En conférence de presse, le premier ministre a dit espérer que le passage des «suggestions» à «la coercition» allait donner des résultats, en matière de diminution du nombre de cas d’infections. 

Il a indiqué que le nombre d’hospitalisations reliées au virus de la COVID-19 était devenu trop élevé et que la solution résidait dans une observation plus stricte des consignes.

«Il faut réduire le nombre d’hospitalisations», a-t-il dit, exhortant les citoyens à diminuer le nombre de contacts afin de préserver le réseau de la santé.

Mercredi, on comptait 844 personnes hospitalisées en raison du virus, un niveau que le réseau de la santé ne peut pas supporter, entraînant le report de milliers de chirurgies. Déjà, les hôpitaux doivent faire du délestage.

«C’est pas vrai qu’une minorité de Québécois qui va mettre en danger, qui va mettre à risque la majorité des Québécois», a tranché le premier ministre.

«Ca va faire!», a-t-il ajouté.   

Le gouvernement a prévu émettre une alerte à 14h30, sur les téléphones, à la radio et à la télé, pour rappeler aux Québécois l’importance d’observer les règles sanitaires et leur dire qu’il y aura un prix à payer s’ils désobéissent aux ordres.

«La période des avertissements est terminée», a ajouté le ministre de la Santé, Christian Dubé.

Par ailleurs, le Québec s’attend à recevoir 55 000 doses du vaccin anti-COVID-19 d’ici le 4 janvier. On vise à vacciner un total de 650 000 personnes d’ici le  31 mars. 

La vaste opération, qui s’étirera sur plusieurs mois, doit débuter dès la semaine prochaine avec la vaccination de 2000 personnes âgées habitant en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Il faut deux doses par personne pour combattre le virus.

On prévoit qu’il y aura une vingtaine de sites de distribution à travers le Québec.

Le premier ministre a observé que le succès de l’opération dépendrait du rythme d’expédition des doses de vaccin attendues. C’est le gouvernement fédéral qui gère la distribution des doses aux provinces.

Le plus tôt elles arriveront en nombre important, le plus tôt le gouvernement pourra envisager un calendrier de déconfinement, a dit M. Legault. 

Québec demande aussi aux employeurs de fermer leurs portes, volontairement, «si possible», du 17 décembre au 4 janvier. Le gouvernement n’exclut pas de les obliger, si nécessaire, à cesser toute activité et d’imposer diverses mesures de confinement si la situation empire.

À l’approche de Noël, il n’est cependant pas question de fermer les commerces, mais rien n’est exclu, a réaffirmé le premier ministre. Tout dépendra du nombre de personnes admises à l’hôpital.

Pendant ce temps, la pandémie continue à se répandre, alors que le Québec rapporte mercredi un nombre record de 1728 nouveaux cas d’infections à la COVID-19 et 36 décès, pour un total de 7369 décès survenus des suites du virus depuis le début de la pandémie, en mars. 

«Il reste des mois difficiles devant nous», a résumé M. Legault, en affirmant que les prochaines semaines seraient déterminantes pour la suite des choses. 

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