Controverse sur les greffes de foie: une femme inuite est de retour à l’hôpital

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Une militante inuite du Labrador est de retour à l’hôpital avec une pancréatite après que des médecins lui eurent dit qu’elle n’aurait pas besoin d’une greffe de foie alors que fait rage une controverse concernant son admissibilité à une telle opération en raison d’une politique du programme ontarien de greffes portant sur la consommation d’alcool.

Delilah Saunders a mis en ligne une vidéo sur Facebook, jeudi, dans laquelle elle affirme qu’elle demeurera au Health Sciences Center de Saint-Jean de Terre-Neuve pour quelques jours, jusqu’à ce que son foie soit stable.

Mme Saunders indique dans la vidéo que les docteurs surveillent son état et contrôlent sa douleur, qu’elle décrit comme étant «atroce».

Elle remercie aussi ceux qui suivent son état sur Facebook pour leur soutien et leur amour.

La militante de 25 ans, qui défend les droits des femmes autochtones, avait reçu son congé d’un hôpital de Toronto le week-end dernier après que ses docteurs lui eurent dit qu’elle n’aurait pas besoin d’une greffe de foie dans un futur proche.

Delilah Saunders, qui a été traitée pour une insuffisance hépatique aiguë, a dit que les médecins l’avaient initialement amenée à croire qu’elle n’était pas admissible à une greffe parce qu’elle ne s’était pas abstenue de boire de l’alcool dans les six derniers mois.

Son cas a généré une discussion nationale sur cette politique d’abstinence de six mois. La jeune femme a reçu le soutien de groupes autochtones et d’Amnistie internationale.

Des médecins pratiquant des greffes ont défendu la règle ontarienne, citant des recherches suggérant que la greffe avait échoué chez des alcooliques ayant continué à boire après l’opération.

Mme Saunders a confié ne pas se sentir d’attaque pour une entrevue vendredi. Précédemment, elle avait toutefois déclaré qu’elle continuerait à militer pour d’autres patients qui se font refuser l’opération en raison de cette règle sur l’alcool, qu’elle qualifie de trop «restrictive».

«J’ai appris à connaître l’inaccessibilité (du système de santé) par moi-même, d’une façon beaucoup plus intime que je ne l’aurais souhaité», avait-elle affirmé dans une entrevue dimanche.

«Cela me donne la motivation supplémentaire pour réaliser ce changement et faire en sorte que cette intervention médicale qui peut sauver des vies soit plus accessible».

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