Conversation «cordiale» au sujet du droit à l’avortement entre Trudeau et Pence

OTTAWA — Ça aura été une conversation «cordiale» au terme de laquelle les deux hommes ont convenu de ne pas être d’accord. Justin Trudeau et Mike Pence ont parlé du droit à l’avortement lors de leur tête-à-tête jeudi à Ottawa.

En conférence de presse en après-midi, le vice-président américain a exprimé sa «grande fierté» de faire partie d’une administration «pro-vie». Le premier ministre a souligné la «différence de perspective» qu’il entretient sur le sujet.

À la veille de la visite de M. Pence, mercredi, le premier ministre Trudeau avait annoncé qu’il soulèverait la question.

«Je suis très préoccupé par le mouvement conservateur qui commence à retirer les droits des femmes aux États-Unis et ailleurs», avait dit M. Trudeau à son arrivée à la porte des Communes, mercredi après-midi. «Je vais certainement parler de ça avec lui», avait-il signalé. 

Plusieurs lois limitant le droit à l’avortement ont été adoptées ces derniers mois dans différents États. Le vice-président Pence est un ardent défenseur de ceux qu’il appelle les «Américains non nés».

En se présentant devant les journalistes après leurs réunions officielles, les deux hommes ont dressé la liste des sujets qu’ils avaient abordés. L’avortement brillait par son absence. Mais en réponse à une question, M. Trudeau a confirmé qu’il en avait bel et bien parlé à M. Pence.

«J’ai souligné au vice-président la préoccupation de bien des Canadiens au sujet du passage de nouvelles lois anti-choix dans plusieurs États américains», a-t-il rapporté.

«J’ai exprimé que nous sommes un pays, un gouvernement qui va toujours se tenir debout pour les droits des femmes, pour le libre-choix des femmes et que nous sommes préoccupés par la situation par rapport aux droits des femmes», a-t-il ajouté.

«Ça a été une conversation cordiale, mais évidemment on a différentes perspectives là-dessus», a-t-il conclu.

Invité à dire si le sujet l’avait froissé, le vice-président a répondu que la conversation avait été «très respectueuse». «Des amis peuvent ne pas être d’accord et demeurer amis», a-t-il offert avant d’énumérer tout ce qui rapproche les deux pays.

«Nous pouvons être candides l’un avec l’autre», a-t-il assuré. «Mais permettez-moi d’être clair: je suis très fier de faire partie d’une administration pro-vie. Et notre administration a posé des gestes pour défendre le caractère sacré de la vie, chez nous et à l’étranger», a-t-il insisté.

Le vice-président s’est ensuite lancé dans une attaque contre ses adversaires démocrates qui, d’après lui, permettraient des avortements tardifs «et même l’infanticide».

«Mais ce sont là des débats internes aux États-Unis et je sais que le Canada gérera ces enjeux de la manière dont les Canadiens décideront qu’il est approprié de le faire. Mais pour le président (Donald) Trump, pour moi, pour notre administration, nous allons toujours défendre le droit à la vie», a-t-il conclu.

Cette conversation «cordiale» et «respectueuse» a eu lieu au bureau du premier ministre, pendant une réunion qui a duré environ une heure. Il a été impossible de savoir combien de minutes y ont été accordées.

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