Convoi de la liberté: la GRC refusait de divulguer les badges de ses agents

OTTAWA — Des documents internes montrent que la GRC a refusé de divulguer les numéros de badge des agents qui ont évacué les manifestants du soi-disant convoi de la liberté du pont Ambassador, l’hiver dernier, en raison de préoccupations sur la violence du groupe.

La situation a été détaillée dans une note d’information et une évaluation de la menace préparées pour la commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Brenda Lucki, à qui l’on a demandé d’approuver la décision parce que le corps policier a reconnu qu’elle soulevait des questions sur la transparence.

La note, écrite en août, a été rendue publique en vertu de la Loi sur l’accès à information.

Elle indique à Mme Lucki que cela lui permettrait d’expliquer aux membres les efforts substantiels déployés par la GRC pour protéger la sécurité des membres, tout en mettant tout en œuvre pour respecter l’engagement, l’ouverture et la transparence de la GRC avec le public

La loi, qui permet aux membres du public de demander des fichiers aux agences fédérales, est à l’origine de cette affaire.

La note à la commissaire, datée d’avril dernier, indique que la GRC a reçu une demande d’accès demandant les noms et les numéros d’insigne de chaque agent qui a participé au retrait des manifestants du pont Ambassador à Windsor, en Ontario.

En février, des manifestants dénonçant les mesures sanitaires liées à la COVID-19 ont bloqué le passage frontalier achalandé entre le Canada et les États-Unis pendant près d’une semaine, suscitant des inquiétudes quant au coût économique.

Le pont a été rouvert le 13 février après que la GRC et d’autres policiers eurent utilisé une injonction du tribunal pour forcer les manifestants à s’éloigner du passage frontalier de Windsor.

Mme Lucki a ensuite été informée que le commandant de la division de l’Ontario de la GRC faisait partie de ceux qui avaient «soulevé des inquiétudes importantes» concernant la divulgation des numéros de badge et des noms des personnes impliquées «étant donné le grand nombre de menaces contre le personnel impliqué dans les manifestations du convoi».

Pour illustrer leur propos, la GRC de l’Ontario a préparé un dossier de renseignement contenant des captures d’écran de 12 messages partagés sur le groupe Telegram Convoy to Ottawa 2022.

Dans un message, un utilisateur a écrit : «Ces cochons méritent de mourir point final». Un autre a suggéré que les agents devraient être  «doxés» – le fait de publier les informations personnelles de quelqu’un en ligne, ce qui peut conduire au harcèlement.

Le document soulignait également l’arrestation de quatre hommes qui avaient bloqué un passage frontalier dans le sud de l’Alberta et qui avaient été accusés de complot en vue de commettre un meurtre. La police affirme que deux des hommes étaient liés aux extrémistes d’extrême droite de Diagolon.

Certains membres de la GRC ont également déclaré avoir reçu des menaces de mort, y compris contre leurs familles, après que leurs noms et numéros de téléphone portable eurent coulé à partir d’une discussion Facebook privée.

La porte-parole de la GRC, Robin Percival, a déclaré dans un communiqué que le corps policier avait caché les informations en question, car on pouvait «raisonnablement s’attendre à ce qu’elles menacent la sécurité» des agents.

Cela est autorisé en vertu d’un article de la Loi sur l’accès à l’information, bien que cette exemption puisse être contestée auprès du commissaire fédéral à l’information, qui enquête sur les plaintes liées à la loi sur l’accès.

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