«COOLSI» : Qui gère le transfert des patients atteints de la COVID-19 au Québec?

SHERBROOKE, Qc — Selon les plus récentes données transmises par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS, on comptait mardi huit patients atteints de la COVID-19 hospitalisés à Sherbrooke, mais provenant d’autres régions. Au moment où la capacité d’accueil des hôpitaux est mise à mal, le nombre de transferts de patients pourrait se multiplier et c’est à l’équipe surnommée «COOLSIE» que Québec a confié cette tâche.

Dès le début de la pandémie, en mars dernier, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a donné le mandat de coordonner les transferts de patients atteints de la COVID-19 au Centre d’optimisation de l’occupation des lits de soins intensifs (COOLSI). À la base, cette équipe a été créée pour aider les médecins à trouver le meilleur endroit pour accueillir un patient aux soins intensifs dont l’état nécessite des soins plus spécialisés que ce que peut lui offrir l’hôpital où il se trouve.

Il arrive aussi parfois que des demandes de transferts soient formulées en raison d’un manque de places comme c’est le cas actuellement dans le cas de patients atteints de la COVID-19 dans la grande région de Montréal.

Le service COOLSI a été mis sur pied en mars 2019, au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), pour desservir en premier lieu le territoire montréalais. Puis, progressivement, on a ajouté d’autres régions à son mandat jusqu’à lui confier la répartition des patients aux soins intensifs dans toute la province en mars 2020. Pour ajouter au défi, on lui a au même moment demandé de coordonner le transfert des patients atteints de la COVID-19 au Québec.

Cette équipe est composée principalement d’une cinquantaine d’infirmières, dont la tâche est de répondre aux appels de médecins à la recherche d’un lit pour leur patient. Selon les explications de la gestionnaire du COOLSI, Marie-Ève Desrosiers, l’infirmière qui répond à l’appel doit effectuer une évaluation des besoins cliniques du patient. Au besoin, elle peut compter sur l’aide d’un des huit médecins coordonnateurs du COOLSI qui effectuent des gardes à tour de rôle.

Une fois l’évaluation du patient complétée, l’infirmière ayant pris le dossier en main doit identifier un hôpital «receveur» qui a la capacité d’accueillir la personne et les ressources particulières dont elle a besoin. Une fois l’établissement choisi, elle met en communication le médecin demandeur et le médecin receveur pour que ceux-ci coordonnent le déplacement et l’échange d’informations sur le patient.

Centres désignés COVID-19

Selon le «Tableau des lits désignés pour la deuxième vague», disponible sur le portail web du ministère de la Santé et des Services sociaux, on compte un total de 1677 lits de courte durée dédiés à la COVID-19 répartis dans des «centres désignés» dans toutes les régions du Québec. À ceux-ci s’ajoutent 370 lits en soins intensifs dédiés aux patients infectés par le coronavirus.

Si l’on juxtapose à ces chiffres le plus récent bilan de la pandémie, soit 1497 patients hospitalisés et 221 patients aux soins intensifs, il est clair que la pression sur le réseau pèse de plus en plus lourd.

En Estrie, mardi, on comptait huit patients hospitalisés en provenance d’autres régions du Québec, d’après les informations fournies par la directrice des services professionnels du CIUSSS-CHUS, Dre Colette Bellavance. 

Ces patients référés par le COOLSI sont accueillis à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke ou à l’Hôpital Fleurimont selon les disponibilités et les besoins.

«Ce sont vraiment des admissions qui étaient requises, je pense qu’il faut partager l’accès aux soins de santé pour toute la population du Québec qui y a droit», a commenté Dre Bellavance en conférence de presse.

«L’une ou l’autre des régions peut avoir besoin de la région voisine pour être en mesure d’assurer les soins à la population. Au moment où l’on se parle, c’est la région du grand Montréal qui est le plus en difficulté. Il y a quelques semaines c’était d’autres régions, donc il est extrêmement important de s’aider entre régions», a-t-elle ajouté.

D’après le plus récent bilan, 72 des 74 lits dédiés à la COVID-19 sont actuellement occupés en Estrie. Dans les unités de soins intensifs, dix des 25 lits dédiés aux patients infectés par le coronavirus sont occupés.

Afin d’augmenter la marge de manœuvre, on a dû annoncer d’autres mesures de délestage pour bonifier de 50 % le nombre de lits dédiés aux patients COVID. La réorganisation des ressources devrait d’abord permettre d’augmenter la capacité d’accueil à 111 lits de courte durée et possiblement ensuite de libérer aussi des places en soins intensifs.

Face à cette dure réalité, Dre Colette Bellavance insiste sur l’importance de limiter le nombre d’admissions liées à la COVID-19 dans les hôpitaux pour ne pas surcharger davantage le personnel de la santé qui en a déjà plein les bras.

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