COP15: Berlin et Kigali appelés en renfort pour dénouer l’impasse du financement

MONTRÉAL — La Chine, qui assume la présidence de la COP15 à Montréal, a appelé en renfort l’Allemagne et le Rwanda pour tenter de dénouer l’impasse de la question du financement en vue de la signature d’un accord mondial sur la protection de la biodiversité.

Les pourparlers de la COP15 ont frappé un mur, tôt mercredi, lorsque plus de 60 nations du Sud ont claqué la porte des discussions sur la mobilisation des ressources financières, craignant que les promesses des pays riches pour financer la conservation soient trop petites et trop vagues.

La Chine a donc demandé à Berlin et Kigali de jouer les rôles de médiateurs pour trouver un terrain d’entente entre d’un côté, des pays riches, surtout ceux qui font partie de l’Union européenne, et de l’autre, un groupe de pays en voie de développement mené par le Brésil. 

Si l’Allemagne a été choisie, ce n’est pas étranger au fait qu’elle est «le plus grand contributeur du Fonds pour l’environnement mondial (FEM)», selon le directeur de la diplomatie climatique internationale au Réseau action climat Canada.

«Ça envoie le message que Berlin est peut-être capable de convaincre les autres pays européens» de s’engager plus fortement dans la question du financement, a indiqué Eddie Perez.

De son côté, le Rwanda est un pays africain qui a été appelé «à jouer plusieurs rôles diplomatiques au cours des dernières années», et il représente le continent d’où provient la majorité des pays qui ont quitté les discussions mercredi, a souligné M. Perez.

La ministre de l’Environnement du Rwanda, Jeanne d’Arc Mujawamariya, et le secrétaire d’État allemand, Jochen Flasbarth, devront donc multiplier les rencontres et auront un rôle très important à jouer d’ici la fin de la conférence de Montréal qui doit se terminer le 19 décembre.

Un nouveau fonds pour la biodiversité

L’objectif principal de la conférence de Montréal est de conclure un accord sur la préservation de 30 % des terres et des océans du monde d’ici 2030. Mais cette COP15 tente également de parvenir à un accord sur la manière dont cet objectif devrait être financé, et il y a un certain nombre de désaccords, notamment sur la création d’un nouveau fonds pour la biodiversité.

Le Brésil et d’autres pays demandent aux pays développés de s’engager à verser de l’aide aux pays en voie de développement d’au moins 100 milliards $ par an, soit 1 % du PIB mondial, jusqu’en 2030.

«La perte de biodiversité, c’est le problème de tout le monde, mais nous ne sommes pas tous responsables de la même façon. Une grande partie de la perte de biodiversité dans les pays du Sud est causée par le mode de consommation des pays du Nord», alors «c’est une question de justice et de solidarité sociale», avait mentionné un délégué d’un des pays en voie de développement, mercredi, à La Presse Canadienne.

Ce diplomate, qui préférait parler sous le couvert de l’anonymat, avait indiqué que la question du financement «pourrait tout compromettre».

Le montant de 100 milliards $ représente une fraction de ce qui doit être versé pour mettre en œuvre le cadre de travail qui est négocié à Montréal.

La Convention sur la diversité biologique (CDB) de l’ONU évalue à 700 milliards $ par année le montant nécessaire au financement des activités économiques et des mesures de protection qui permettront de renverser le déclin de la biodiversité. 

Sur cette somme, 500 milliards $ proviendraient de subventions gouvernementales «nocives» qui seraient redirigées vers des activités et des mesures qui vont favoriser la biodiversité.

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