COP15: ému, le directeur du WWF peine à retenir ses larmes

MONTRÉAL — Marco Lambertini, le directeur international du Fonds mondial pour la nature, a eu de la difficulté à retenir ses larmes lors d’un point de presse lundi matin, tellement il était ému par la signature de l’accord Montréal-Kunming.

Le directeur du WWF a qualifié la signature de la déclaration de «moment historique» qui envoie le message «qu’on ne peut continuer à utiliser les services et les ressources de la nature de façon insoutenable sans en payer les conséquences».

Pourtant, lors des deux dernières semaines, lors de ses points de presse quasi quotidien, Marco Lambertini affichait très peu d’optimisme concernant les négociations qui se déroulaient à Montréal.

Il reprochait aux pays de ne faire «aucun progrès», ou encore de s’attarder sur «des choses qui font perdre du temps à un moment où le temps compte».

Mais lundi matin, alors qu’il s’adressait aux médias, le directeur du WWF a dû retenir ses larmes, tant la fierté et l’émotion étaient fortes.

«Je me sens fier», a-t-il dit avant de faire une pause de plusieurs secondes pour se ressaisir.

«Je suis fier de pouvoir dire à mes petits enfants qu’à travers cet accord, nous allons pouvoir offrir un meilleur avenir aux prochaines générations», a-t-il précisé, la gorge nouée par l’émotion.

«C’est notre devoir de vivre en paix avec les autres espèces qui vivent sur cette planète et si nous ne faisons pas cela, alors ce sera nous qui paierons le prix le plus élevé», a ajouté Marco Lambertini.

Près de 70 % des effectifs d’animaux sauvages ont disparu depuis 1970, selon le WWF.

Mais lundi matin, «nous avons vu l’unité du monde pour arrêter et inverser le déclin de la biodiversité et de la nature d’ici 2030», a souligné le directeur international du Fonds mondial pour la nature.

«L’Histoire nous jugera»

Cependant, le WWF prévient que cet objectif pourrait être compromis si un langage faible dans des domaines critiques tels que la protection des écosystèmes intacts et la lutte contre la production et la consommation non durables n’est pas abordé au niveau national.

«Il y a un manque de mécanisme qui obligera les gouvernements à accroître leurs actions si les objectifs ne sont pas atteints. Nous devons maintenant voir à la mise en œuvre immédiate de cet accord, sans excuses, sans retard — la nature et nous tous qui en dépendons pour nos moyens de subsistance, nos économies et notre bien-être avons attendu assez longtemps, il est temps pour la nature de prospérer à nouveau», a-t-il indiqué en ajoutant que «l’Histoire nous jugera tous si nous ne tenons pas la promesse faite aujourd’hui».

Il a également souligné qu’il en revient à toute la société de s’assurer de la mise en œuvre de cet accord.

La déclaration entre les nations réunies à Montréal comporte quatre objectifs et 23 cibles.

Les objectifs comprennent notamment la protection de 30 % des aires terrestres et marines de la planète d’ici 2030, ainsi que la mobilisation d’au moins 200 milliards de dollars par an en financement national et international lié à la biodiversité, provenant tant du secteur public que privé.

Le ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, a parlé d’une entente ambitieuse, qui représente un moment aussi marquant dans l’histoire que celui de l’Accord de Paris sur le climat, en 2015.

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