COP27: les océans pourraient nous aider à sauver le climat, selon des scientifiques

Au cours des prochains jours, un groupe de chercheurs canadiens espère convaincre le monde que les océans ont un rôle crucial à jouer dans la lutte contre les changements climatiques.

La professeure Anya Waite dirige une délégation de l’Ocean Frontier Institute de l’Université Dalhousie, en Nouvelle-Écosse, pour assister à la COP27, en Égypte, qui s’est amorcée dimanche.

Si la plupart des gens savent que les forêts tropicales sont les poumons de la planète, ils ignorent souvent que «les océans absorbent plus de carbone que toutes les forêts tropicales de la Terre», a-t-elle affirmé dans une entrevue.

Selon elle, les scientifiques doivent comprendre le rôle que les océans ont joué jusqu’à présent dans l’atténuation des changements climatiques, et il est également important pour les communautés côtières de savoir comment elles doivent s’adapter aux conditions changeantes.

Les océans ont jusqu’à présent absorbé 90% des émissions thermiques de la Terre, a-t-elle indiqué. C’est, d’après elle, grâce à ces vastes étendues d’eau que les objectifs de l’Accord de Paris ― soit limiter le réchauffement à moins de 2 degrés Celsius, ou même à 1,5, si possible ― demeurent toujours atteignables.

Mais il y a aussi un danger que ces réserves de carbone se transforment en émettrices à mesure que les eaux se réchauffent, faisant fondre des calottes de méthane gelé et d’autres gaz à effet de serre dispersés dans les fonds marins.

«La capacité de l’océan à absorber le carbone diminue tranquillement», a prévenu la professeure.

Les scientifiques et les communautés commencent à comprendre l’importance des marais et des forêts de varech qui maintiennent le carbone dans le sol le long des littoraux, a-t-elle affirmé. Ces «écosystèmes de carbone bleu» aident à retenir les émissions, en plus d’améliorer la biodiversité. 

C’est cependant au large que se trouvent les plus grands réservoirs de carbone.

Espèces en danger

Les changements de température des océans modifient également les courants d’eau, a-t-elle noté, ajoutant que la fonte des glaciers de l’Arctique met de l’eau douce dans l’océan et oblige les animaux marins à se déplacer ou à s’adapter à leurs environnements modifiés.

La baleine noire de l’Atlantique Nord, en voie de disparition, s’est déplacée du golfe du Maine qu’elle avait l’habitude d’habiter pour se retrouver dans le golfe du Saint-Laurent.

«Il y a beaucoup plus de navigation dans le Saint-Laurent, et ces animaux entrent maintenant en contact avec des navires beaucoup plus souvent, amenant une espèce déjà en voie de disparition au bord de l’effondrement», s’est inquiétée la professeure.

Le Canada est dans une position unique pour exploiter les avantages potentiels de l’océan, a-t-elle déclaré, notant que le pays est entouré de vastes étendues d’eau. Mais bien que le Canada ait le luxe de les utiliser pour équilibrer son bilan carbone, la Pre Waite a déploré que la question ait jusqu’à présent reçu une attention et des ressources financières limitées.

«Le changement climatique est essentiellement un problème de plusieurs milliards de dollars. Et pourtant, observer et prendre soin des océans coûte bien moins que cela, a-t-elle dit. Ainsi, un petit investissement peut apporter un énorme bénéfice à l’humanité.»

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