Coronavirus: des syndicats craignent une dérive autoritaire dans les hôpitaux

MONTRÉAL — Des organisations syndicales dénoncent un arrêté ministériel annoncé samedi par le Ministère de la Santé et qui modifie certaines conditions de travail des travailleurs de la santé, pour faire face à la crise sanitaire.

L’arrêté ministériel concerne notamment «les congés, incluant les vacances, les mouvements de personnel, les aménagements du temps de travail et l’embauche de personnel additionnel», peut-on lire dans un communiqué envoyé par le Cabinet de la ministre Danielle McCann.

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) et ses syndicats affiliés dans le secteur public ont déclaré qu’ils reçoivent avec consternation l’arrêté ministériel et regrettent cette décision.

La FTQ déplore que l’arrêté permette au gouvernement de suspendre ou annuler les congés, réaffecter le personnel à l’endroit qui sera jugé nécessaire dans le réseau et modifier les horaires de travail.

«Pour la FTQ, il est important que les administrateurs comprennent bien qu’ils devront favoriser en tout temps le volontariat plutôt que la contrainte pour assurer le bon fonctionnement du système de santé», a déclaré le président de la FTQ Daniel Boyer.

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) avance également que cet arrêté risque de donner trop de pouvoir aux employeurs.

«Nous comprenons que le gouvernement doit se donner des moyens pour faire face à la crise, mais il doit s’en servir exceptionnellement et pas comme une façon de gérer le réseau. Nous savons déjà que lorsque des mesures exceptionnelles comme le temps supplémentaire obligatoire deviennent un mode de gestion, ça pose un sérieux problème pour le personnel» a écrit Jeff Begley, président de la FSSS-CSN, dans un communiqué.

Jeff Begley a également fait valoir que cet arrêté pourrait ajouter du stress pour les travailleurs de la santé, qui vivent une situation qui est déjà très stressante.

«Il faut éviter à tout prix une dérive autoritaire dans le réseau», a ajouté le président de la FSSS-CSN.

La présidente de la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ), Claire Montour, déplore également ces nouvelles mesures qui risquent «d’accentuer le stress».

«En dépit des inquiétudes que nous ressentons tous, personne ne s’est défilé à ses devoirs et responsabilités. Toutes les infirmières, infirmières auxiliaires et inhalothérapeutes, de même que les autres travailleuses et travailleurs, sont à leur poste chaque jour pour assurer la santé de la population. Il n’y avait donc pas nécessité pour le gouvernement de recourir à de telles mesures» a indiqué Claire Montour.

Mais pour Danielle McCann, ministre de la Santé et des Services sociaux, ces nouvelles dispositions sont essentielles pour faire face à la crise provoquée par le coronavirus.

« Ces mesures temporaires visent à s’assurer que nous disposons des ressources nécessaires pour prendre en charge, de la meilleure façon possible, les personnes qui auront besoin de soins. Je tiens à remercier, à nouveau, tous ceux et celles qui sont au cœur des efforts actuellement et qui contribuent, d’une façon ou d’une autre, à assurer la protection de la santé de la population. Le Québec entier est reconnaissant de votre engagement» peut-on lire dans le communiqué publié par le Cabinet de la ministre de la Santé.

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Une dérive … déjà que nous y étions … voilà ce qui va arriver si le gouvernement fait confiance à leurs directions et gestionnaires avec des armes pareilles. Au quotidien ils ont de la difficulté à respecter leurs employés et à prendre des décisions gagnantes à court/moyens terme face à la « pénurie » ou plutôt, leur mauvaise gestion des ressources… là on s’en va vers la catastrophe ! Les employés ne tiendront pas, et la crise ne s’en portera pas mieux faute D’ANGES GARDIENS.
Ces anges sont déjà dévoués, polyvalents et prêts à faire leur bout.. pourquoi descendre une guillotine ? Pourquoi ne pas leur faire confiance ?

Le personnel sur le plancher du système de santé a bien répondu à l’appel pour aller « au front », donc je considère que ces mesures, bien qu’elles pourraient être justifiées à un certain moment, sont présentement prématurées et surtout insultantes. Je suis infirmière depuis 30 ans et des sacrifices, je n’ai pas arrêté d’en faire tout le long de ma carrière. J’ai de plus, de nombreuses fois dénoncé des situations inacceptables et dangereuses et non seulement, les gestionnaires en ont-ils fait fi, mais ils trouvent le moyen d’en mettre la faute sur nous qui les dénonçons, alors qu’ils ont eux-même créé les problèmes avec leur gestion. Alors, svp, n’insultez pas ceux qui sont au front depuis toujours….

Nathalie Bourque: Quand je dis n’insultez pas, je parle de ceux qui nous menacent avec la « guillotine » et non pas de vous bien sûr.

Cette nouvelle est très stressant…. ils attendent qu’ont tombé en crisis d’anxiété? On est des humaines et on a aussi des enfants, dont on doit s’en occuper.

Vous désirez vraiment que ceux qui se lève chaque matin comme moi …..quitte son employe…? Surtout au salaire je suis payé pour risquer la vie de mes enfants ….Je pense se n’est pas normal de se faire traiter ainsi .
Quand chaque filles actuellement à domicile à extrement peur de ramener quelque chose qui contaminerais ces enfants

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