Coronavirus: les voyageurs en provenance d’Iran invités à s’isoler volontairement

OTTAWA — Devant la récente augmentation de cas confirmés de coronavirus au Canada en provenance d’Iran, les autorités de la santé publique demandent aux voyageurs arrivant de ce pays de s’isoler volontairement pendant deux semaines.

Plusieurs cas parmi les 27 cas confirmés du nouveau coronavirus — aussi connu sous le nom de COVID-19 — sont liés à de récents voyages en Iran.

Tous les passagers qui reviennent d’Iran devront s’identifier à leur arrivée au Canada et communiquer avec les autorités de santé publique au sujet de leur état de santé dans les 24 heures. Ils devront aussi surveiller les symptômes de la maladie lors de leur mise en quarantaine de 14 jours — soit la durée d’incubation du virus.

Cette annonce marque un changement de ton de la part de l’Agence de la santé publique du Canada, alors que le nombre de pays touchés augmente de jour en jour.

Dans une séance de breffage technique offerte aux médias lundi, les administrateurs de la santé publique ont réitéré qu’il valait mieux opter pour un isolement volontaire et une surveillance accrue de ces voyageurs.

«Ce n’est pas un moyen efficace maintenant de fermer nos frontières avec les vols. C’est plus important d’avoir un système supplémentaire à nos frontières, ce qui existe actuellement, mais aussi un système de santé bien sensibilisé», a déclaré le docteur Howard Njoo, sous-administrateur de la santé publique.

Affaires mondiales Canada a haussé le niveau d’alerte pour l’Iran. Les voyageurs doivent éviter tout voyage non essentiel dans ce pays. Des avertissements similaires sont aussi en place pour le nord de l’Italie et certaines régions de la Corée du Sud.

L’Ontario a signalé lundi trois nouveaux cas du coronavirus, pour un total de 18 dans cette province. Le total de cas au Canada s’élève à 27, dont huit en Colombie-Britannique et un au Québec. On ne déplore aucun décès au Canada.

Une vague de nouveaux cas

Une vague de nouveaux cas a été signalée au cours du week-end, tous chez des personnes qui avaient récemment voyagé en Iran ou en Égypte, ou des proches de gens qui avaient visité ces pays. Selon la ministre de la Santé de l’Ontario, Christine Elliott, rien n’indique donc jusqu’ici que le virus se propage localement dans une communauté, au-delà de contacts étroits entre proches.

Mais l’Ontario est prête à toute éventualité, a-t-elle déclaré. «Si cela devait se produire ou s’il y avait un nombre rapide de cas provenant d’autres régions, nous passerions bien sûr à la vitesse supérieure», a-t-elle dit.

Les quatre premiers cas signalés dans cette province étaient des personnes qui avaient voyagé en Chine, épicentre de l’éclosion; trois de ces quatre personnes se sont depuis complètement rétablies.

L’Iran a confirmé 1501 cas d’infection et 66 décès, mais plusieurs observateurs croient que le nombre réel est plus important, car le bilan officiel a augmenté de plus de 250 % en seulement 24 heures. L’Égypte ne compte que deux cas de maladie au COVID-19 déclarés publiquement. En Chine, près de 80 000 personnes ont été infectées et plus de 2800 en sont mortes.

Les responsables de la santé publique rappellent que le meilleur moyen de prévenir la propagation de tout virus, y compris le COVID-19, est de se laver fréquemment les mains et de rester à la maison en cas de maladie.

La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, avait encouragé les Canadiens à stocker de la nourriture et des médicaments à la maison pour pouvoir vivre en isolement pendant deux semaines en cas d’infection. Mais son homologue ontarienne ne va pas jusque-là. Elle a exhorté lundi les Ontariens à vaquer à leurs occupations quotidiennes, tout en demeurant prudents. Elle rappelle que toute personne présentant des symptômes devrait contacter les responsables locaux de la santé publique.

Lundi, l’administratrice en chef de la santé publique, la docteure Theresa Tam, a affirmé que le Canada adapterait ses systèmes de surveillance pour détecter toute propagation potentielle au pays.

«Les individus et les communautés doivent se préparer au déploiement potentiel de mesures en matière de santé publique visant à interrompre les chaînes de transmission, par exemple, l’isolement à domicile, la suspension des grands rassemblements, la fermeture d’écoles et de lieux de travail», a-t-elle déclaré.

Les symptômes les plus courants du COVID-19 sont la fièvre et la toux sèche, mais certains patients ne présentent aucun symptôme; d’autres ont développé une pneumonie sévère et certains en sont morts.