Coronavirus: que penser des masques?

TORONTO — Alors que les responsables de la santé au Canada traitent les deux premiers cas diagnostiqués au pays d’un nouveau type de coronavirus se propageant dans le monde, les médecins martèlent que le risque de nouvelle transmission est assez faible. Pourtant, les membres du public peuvent se demander s’ils devraient prendre des mesures supplémentaires pour limiter toute exposition potentielle, y compris l’achat de masques faciaux.

Quelques médecins se prononcent.

Les masques aident-ils?

En milieu hospitalier, absolument. Le docteur Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses à l’Hôpital général de Toronto, affirme que l’équipement approprié est un élément essentiel de toutes les mesures de protection et de contrôle des infections parmi le personnel des établissements de santé. Les masques, associés à des blouses, des gants et des salles de traitement appropriés, aident à limiter la propagation d’une maladie aérienne dans un milieu hospitalier et contribuent grandement à garantir que le virus n’accompagnera pas les patients non infectés à la maison.

Est-ce à dire que je devrais aller m’acheter un masque en courant?

Non. Selon le docteur Bogoch, les avantages des masques appropriés portés par le personnel hospitalier sont en grande partie perdus lorsqu’ils sont appliqués au type largement disponible dans les pharmacies locales. Le docteur Bogoch explique que ces masques peuvent offrir une couche de protection supplémentaire s’ils sont portés par une personne déjà infectée, mais ont une valeur plus limitée pour les membres sains du public.

«Est-il temps de commencer à porter des masques dans les lieux publics de Toronto? Absolument pas», a-t-il dit en référence à la ville où le premier cas de coronavirus canadien a été diagnostiqué et traité.

Le docteur Sohail Gandhi, le président de l’Association médicale de l’Ontario, est d’accord, notant que les premières données sur la nouvelle forme de virus suggèrent que les masques ne seront pas particulièrement efficaces.

Alors, puis-je faire quelque chose pour me protéger?

Le docteur Gandhi dit que bien que les masques aient pu aider à prévenir la propagation du SRAS lors de l’épidémie mortelle de 2003, des recherches préliminaires indiquent que la même chose ne sera pas vraie pour le virus actuel.

«Le lavage des mains est plus efficace que les masques faciaux avec ce virus, surtout si vous n’êtes pas infecté», a-t-il déclaré.

La médecin hygiéniste de Toronto, la docteure Eileen de Villa, a fait écho à un appel en faveur d’un lavage des mains accru, mais a noté que l’arrivée du coronavirus n’est pas la principale raison derrière l’avis. Le docteur Bogoch et elle ont rappelé que se laver les mains à l’eau et au savon, tout en limitant le contact avec le visage, était une bonne idée pendant la saison de la grippe canadienne qui bat son plein.

La docteure De Villa a également préconisé une autre mesure connue pour limiter la propagation de toutes les maladies transmissibles par l’air.

«Nous encourageons les gens à penser que lorsqu’ils sont malades d’une maladie respiratoire, il vaut mieux rester à la maison et limiter la transmission, a-t-elle déclaré. Cela donne également une chance de récupérer.»

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