Couche-Tard et Carrefour n’ont pas l’intention de couper les ponts entre eux

MONTRÉAL — Malgré l’échec de sa prise de contrôle du géant français du commerce au détail, Alimentation Couche-Tard n’a pas l’intention de couper les ponts avec Carrefour.

La multinationale québécoise n’est pas parvenue à faire changer d’idée le gouvernement français et son ministre de l’Économie, Bruno Lemaire, le principal obstacle, sur une possible transaction.

Les deux entreprises ont publié samedi un communiqué commun pour annoncer leur décision «de prolonger leurs discussions pour examiner des opportunités de partenariats opérationnels».

Elles souhaitent notamment coopérer dans divers domaines comme le partage de bonnes pratiques dans la distribution de carburant et le développement d’achats en commun. Des discussions porteront aussi sur le partage d’expertise, l’optimisation de la distribution de produits sur les géographies communes aux deux groupes et des partenariats sur le développement et la commercialisation de marques de distributeurs.

La direction de Couche-Tard tiendra lundi un appel-conférence «pour discuter des objectifs stratégiques de la société et des opportunités qu’elle pourrait tirer des partenariats opérationnels avec Carrefour SA à l’avenir».

Selon Brian Hannasch, le président et chef de la direction de Couche-Tard, ces occasions avec Carrefour permettront à l’entreprise québécoise d’accomplir son ambition de devenir un leader mondial de la grande distribution.

«Les domaines de coopération envisagés sont alignés avec notre plan stratégique, notre engagement à nous renforcer sur nos activités principales comme les formats de proximité et la distribution de carburant, et notre volonté d’explorer les multiples opportunités dans les zones de croissance associées», a-t-il déclaré dans le communiqué.

De son côté, le pdg de Carrefour, Alexandre Bompard, a souligné que «le partenariat prometteur envisagé avec le leader nord-américain Couche-Tard s’inscrit pleinement dans cette stratégie qui nous a déjà permis de retrouver une voie de croissance rentable».

Tout en disant regretter l’échec de Couche-Tard, la ministre fédérale du Commerce international, Mary Ng, a dit être encouragée par le fait que les deux entreprises «continueront à explorer un partenariat opérationnel».

Couche-Tard avait proposé 20 euros (30,79 $)pour chaque action de Carrefour dans ce qui aurait pu devenir la plus importante acquisition de l’exploitant de dépanneurs et de stations-service. Le paiement se serait effectué essentiellement en espèces.

D’après des informations rapportées par divers médias, l’entreprise québécoise aurait été prête, dans le cadre de ses engagements, à investir plus de 4,5 milliards $ CAN dans les activités de Carrefour au cours des cinq prochaines années en plus d’offrir des garanties en matière d’emploi. 

Mais vendredi, Bruno Lemaire, qui avait déjà prévenu que son gouvernement pourrait se tourner vers le décret sur le contrôle des investissements étrangers en France pour bloquer une transaction, avait continué à manifester son opposition à l’offre de Couche-Tard.

L’entreprise française a vu le jour il y a plus de 60 ans. Elle exploite près de 13 000 hypermarchés, supermarchés et dépanneurs répartis dans 30 pays comme la France, l’Espagne, l’Italie, le Brésil, l’Argentine et Taïwan. Son effectif est supérieur à 320 000 employés.

De son côté, le réseau mondial de la société établie à Laval compte 14 200 points de vente. 

Entreprise dans cette dépêche: (TSX:ATD.B)

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