Couillard veut plus de femmes dans son équipe mais n’a ni objectif ni moyens

SHANGHAI — Le premier ministre Philippe Couillard souhaite voir plus de femmes se présenter en politique pour son parti, mais ne propose ni objectif ni moyen d’y parvenir.

Les femmes représentent actuellement moins du tiers des députés qui siègent à l’Assemblée nationale et 42 pour cent du conseil des ministres. La sous-représentation des femmes en politique québécoise est un enjeu qui revient sporadiquement dans le débat public depuis des années.

À huit mois des élections, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) propose plutôt de faire appel à leur désir d’engagement. Les femmes, au même titre que les hommes, doivent avoir le goût de servir la société et se sentir interpellées par les valeurs du parti politique qu’elles considèrent.          

En mêlée de presse vendredi à Shanghai, où il dirige une mission économique, M. Couillard a affirmé qu’il courtise les aspirants candidats, qu’ils soient hommes ou femmes, de la même façon.

«Ce sont les mêmes motivations, a-t-il déclaré. Est-ce que tu veux jouer un rôle dans la société, est-ce que tu veux avoir la possibilité de mettre ton empreinte sur de grandes politiques publiques, des choix, du développement régional pour ton coin de pays, est-ce que tu veux faire partie de l’histoire? Ça, c’est aussi attrayant pour les femmes que les hommes.

«Moi, je donne la même présentation pour les femmes et les hommes. (…) La raison fondamentale de faire de la politique, il n’y a pas lieu qu’elle soit différente», a-t-il soutenu au cours d’un long entretien sur la question.

Le premier ministre dit comprendre que les femmes hésitent à sauter dans l’arène politique, car elles craignent que la conciliation travail-famille soit difficile et que le débat en chambre soit trop agressif. Mais aussi, plusieurs lui ont confié redouter une baisse de salaire.

Ces constats étant faits, il dit n’avoir aucun contrôle sur le salaire des députés ni sur les installations de l’Assemblée nationale, qui n’offre pas de services de garderie, par exemple. M. Couillard souligne toutefois que le calendrier du parlement a été récemment modifié, afin de permettre aux députés de passer plus de temps dans leurs familles. 

Par ailleurs, il n’a pas pris l’engagement, vendredi, de proposer aux femmes des «comtés sûrs», afin de faciliter leur élection. Il n’existe pas non plus de consensus dans la société qui justifierait l’imposition de quotas, a-t-il poursuivi. «Ce ne sera certainement pas le cas pour la prochaine élection.»

Le politicien doit faire des sacrifices, un point c’est tout, selon le chef du gouvernement, qui affirme avoir lui-même fait «un immense sacrifice financier».

«Je ne dirai pas aux gens: « Ce n’est pas vrai, il n’y a pas de sacrifice. » Il y a un sacrifice.»

En juin, au conseil général du PLQ à Trois-Rivières, M. Couillard s’était «engagé» à ce «qu’au moins 40 pour cent de nos candidats à la prochaine élection générale soient des femmes». Il avait plus tard corrigé le tir et parlé de se rapprocher «le plus près possible de la zone de parité qui est de 40 pour cent».

Les jeunes libéraux avaient rejeté en 2016 une résolution qui demandait au PLQ de présenter entre 40 pour cent et 60 pour cent de femmes au prochain scrutin. Selon eux, la compétence devait primer sur le genre au moment de choisir un candidat.

Une commission parlementaire sur la place des femmes en politique s’est tenue en décembre dernier à l’Assemblée nationale. Elle publiera bientôt un rapport.

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