L’un des blessés dans la fusillade de vendredi à Laval serait lié à un gang de rue

LAVAL — L’un des jeunes hommes blessés dans la fusillade survenue vendredi près du collège Montmorency serait affilié à un gang de rue, a confirmé le chef du Service de police de Laval (SPL), Pierre Brochet, lors d’un point de presse tenu samedi à Laval.

M. Brochet a précisé que «certaines victimes» seraient liées au gang des Flamehead Boys (FHB), un groupe actif sur le territoire lavallois, mais n’a pas voulu confirmer si celles-ci fréquentaient le collège Montmorency. La fusillade, qui s’est produite dans un parc près du collège, n’aurait «aucun lien avec le cégep».

En compagnie du maire de Laval, Stéphane Boyer, il a déclaré que les policiers étaient toujours à la recherche du suspect et que des équipes avaient été déployées sur le terrain pour tenter de le localiser. Aucune description de l’individu en fuite n’a été fournie pour l’instant.

Il a également assuré que les environs de l’établissement collégial étaient désormais sûres, et a invité les citoyens à contacter le SPL pour fournir toute information pouvant faire avancer l’enquête.

À son tour, M. Boyer a souligné le travail des forces policières tout au long de l’opération, offrant ses «sincères pensées» aux étudiants et aux enseignants qui ont vécu une «nuit d’angoisse».

Il a affirmé que ce n’était pas la première fois que des agressions de la sorte se produisaient sur le territoire lavallois, parlant d’une «vague d’incidents» qui touchent le crime organisé, et a ajouté avoir mené des actions et des investissements pour lutter contre cette problématique. 

«Nous avons augmenté de 1,2 million $ par année le budget des enquêtes au service de police pour assurer qu’il y ait assez d’enquêteurs traitant les dossiers liés aux armes à feu et aux gangs de rue», a-t-il déclaré lors du point de presse.

Le maire de Laval a d’ailleurs raconté qu’il s’est entretenu avec le ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel, peu de temps avant l’événement au collège Montmorency. 

«J’étais justement au téléphone […] pour lui demander un soutien financier de la part du Québec, un peu comme Montréal a reçu dans les dernières semaines, a-t-il précisé. On souhaite recevoir le même soutien afin que notre police ait tous les outils en main pour cesser ces vagues de criminalité». 

Plus d’investissements dans la police

La ville prévoit aussi la construction d’un nouveau poste de gendarmerie de quelque 60 millions $ au cœur de Chomedey, le quartier «le plus chaud de Laval», selon le maire. Les quartiers de Laval-des-Rapides et de Pont-Viau connaîtraient aussi une forte concentration de décharges d’armes à feu, a ajouté Pierre Brochet. 

Questionné sur les actions mises en place par la ville, M. Boyer a aussi souligné que Laval avait reçu 5 millions $ en prévention, en plus de tenir une commission multipartite qui rencontre actuellement plusieurs intervenants et organismes pour mieux encadrer cet enjeu de sécurité publique. 

«J’aimerais qu’on ait plus de policiers en patrouille sur la rue, qu’on ait plus de gens qui font de la filature pour pouvoir surveiller les suspects et collecter de l’information. J’aimerais qu’on ait plus d’enquêteurs pour s’assurer que toute l’information nécessaire aux enquêtes soit colligée», a-t-il indiqué.

En plus des investissements dans les forces policières, le maire a précisé vouloir consacrer des sommes du budget municipal à des organismes de développement social, un financement provenant traditionnellement du gouvernement fédéral.

«On parle de quelques millions de dollars, a-t-il assuré. […] On est prêts à aller plus loin et à briser ce paradigme-là pour soutenir la mission des organismes». 

La région de Montréal est actuellement aux prises avec un problème de «banalisation» de l’utilisation des armes à feu qui découle de causes psychologiques et sociologiques, a souligné M. Boyer. Il a assuré que la Ville de Laval comptait travailler en étroite collaboration avec les organismes communautaires afin de réduire le nombre de jeunes qui sombrent dans la criminalité. 

Le cégep évacué

L’opération de déconfinement a été complétée au collège Montmorency, à Laval, dans la nuit de vendredi à samedi peu après minuit, là où environ 500 étudiants et membres du personnel s’étaient barricadés pendant plusieurs heures à la suite de coups de feu tirés à proximité.

Quatre personnes ont été blessées par des coups de feu tirés dans un parc voisin du cégep. Trois d’entre elles se sont réfugiées à l’intérieur de l’établissement, suscitant l’émoi et de la confusion en début de soirée vendredi. Les policiers ont alors mis en branle le protocole de confinement.

«Vers 21 h 30 hier soir, on a commencé tranquillement à déconfiner les classes par groupes de 20-25 étudiants. Il y avait environ 500 personnes, des étudiants et du personnel, à faire sortir du cégep et passé minuit on a réussi à sortir tout le monde», a précisé la sergente Geneviève Major, porte-parole du Service de police de Laval (SPL) tôt samedi matin.

Selon le récit des événements rapporté par le Service de police de Laval (SPL), le premier appel d’urgence a été reçu à 17h22, vendredi, pour signaler une personne blessée par arme à feu.

Deux hommes de 20 ans et un autre de 19 ans, blessés par balle, ont été transportés à l’hôpital. La quatrième personne a été blessée légèrement par un éclat de balle et soignée sur place. Leurs vies ne sont pas menacées.

«On a toujours trois victimes à l’hôpital, trois hommes âgés d’une vingtaine d’années, qui ont été rencontrés par les enquêteurs. Il n’y a pas eu d’arrestation pour le moment, mais au moins une des victimes, un homme âgé de 20 ans, est connue de nos services pour des antécédents de violence. Pour l’instant, le lien entre les victimes et le suspect reste à déterminer au niveau de l’enquête», a souligné la sergente Major.

Le premier ministre du Québec, François Legault, s’est tourné vers le réseau social Twitter vendredi soir pour indiquer que son gouvernement suit aussi la situation de près, d’autant plus que les élèves et le personnel d’un autre cégep ont été placés en confinement barricadé plus tôt dans la journée de vendredi à Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, où un homme de 19 ans portant une veste pare-balles a semé l’émoi. Dans ce cas-ci, personne n’a été blessé et le suspect a été arrêté et devra faire face à des accusations pour avoir proféré des menaces. Il n’y aurait aucun lien entre les deux événements. 

«La fusillade près du collège Montmorency est troublante. François Bonnardel est en contact avec les forces de l’ordre, a indiqué M. Legault dans un gazouillis. Mes pensées vont aux victimes et à leurs proches. Nous combattrons sans relâche la violence armée dans nos rues pour que le Québec reste un endroit sécuritaire.»

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