Cours à distance: avis partagés chez les enseignants au niveau postsecondaire

MONTRÉAL — Les professeures Nathalie Loye de l’Université de Montréal et Carla Barroso da Costa de l’UQAM ont mené une étude qui brosse un portrait des conséquences de la pandémie sur les enseignants du secteur postsecondaire. 

Constat: 70 % des répondants disent se sentir préoccupés ou anxieux au moins la moitié du temps.

Pour recueillir ces données, les chercheuses ont fait circuler un questionnaire dans leur réseau, qui regroupe essentiellement des professeurs du cégep et de l’université. 

Les réponses des 331 professionnels ont été recueillies entre le 22 septembre et le 26 novembre 2020.

Parmi ceux qui ont rempli le questionnaire, 40 % ont pris le temps d’ajouter des commentaires, évoquant entre autres des signes de détresse et une plus grande pression, explique Mme Loye. 

La chercheuse qui réalise de nombreuses analyses dans le cadre de sa pratique admet avoir été surprise. «Habituellement je n’ai pas autant de réponses détaillées, surtout que le questionnaire était relativement long.» 

Il fallait compter une quarantaine de minutes pour le compléter, précise Mme Loye. Ce qui prouve, selon elle, l’investissement des gens qui ont bien voulu aller jusqu’au bout de ce processus. 

Si la montée du stress est généralisée chez les professeurs, l’enseignement à distance divise les camps. 

Certains aiment, d’autres n’aiment pas. 

Les résultats préliminaires tendent à confirmer la difficulté à concilier la profession et la vie de famille dans un contexte numérique. Les frontières étant plus floues et la charge de travail plus lourde.

Le sentiment d’impuissance ou l’impression de se sentir dépassé par l’accumulation des tâches font aussi partie des éléments énumérés, indique Mme Loye.

Certains ont noté qu’ils n’avaient pas l’impression de répondre aux attentes ou qu’ils n’avaient pas toujours l’impression de se sentir compétents dans ce contexte, ou encore qu’ils ne se sentaient pas assez accompagnés dans cette tâche. 

D’autres ont souligné ne pas avoir envie de donner un cours à distance, préférant l’apprentissage traditionnel. 

Certains s’en accommodent bien et apprécient la flexibilité qu’offre l’enseignement en mode virtuel. 

Quant à l’engagement envers la profession, elle reste dans l’ensemble assez élevée, indique Mme Loye.

Même si un très petit nombre considèrent abandonner la profession, elle assure que ce n’est pas la majorité. 

Plusieurs enseignants voient le lot de défis associés à la COVID-19 comme des obstacles à franchir. Ils sont motivés par la recherche de solutions, souligne la chercheuse. 

Des professeurs admettent travailler plus en équipe, se sentir plus soudés qu’avant et motivés par de nouveaux buts et ambitions malgré les embûches qu’occasionnent la pandémie et l’enseignement à distance.

«On se serre les coudes», dit-elle. 

«Il règne une bonne harmonie et je dénote peu d’agressivité entre collègues», ajoute-t-elle.

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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