COVID-19: 80 cas en Montérégie liés à deux fêtes privées, confirme Arruda

GATINEAU, Canada — La COVID-19 est «traître» et se propage encore dans la communauté sans qu’on le sache, a martelé le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda.

Pour preuve, deux récentes fêtes dans des résidences privées en Montérégie qui ont mené à une éclosion de cas dans la région. Des jeunes infectés sans le savoir ont ensuite visité des commerces et des bars sur la Rive-Sud de Montréal, transmettant ainsi le virus à d’autres.

De passage en Outaouais, vendredi après-midi, Dr Arruda a affirmé que ces deux fêtes ont généré environ 80 cas de COVID-19 jusqu’à maintenant et a invité tous les jeunes qui ont assisté à ces rassemblements, qui ont eu lieu dans les environs de la Saint-Jean-Baptiste, de se faire tester.

L’idée n’est pas d’accuser quiconque, mais bien de prévenir d’autres éclosions, a-t-il précisé.

«Notre objectif, c’est d’enquêter pour qu’on puisse dire aux personnes qui ont peut-être été en contact que peut-être qu’ils vont (être malades), de leur offrir le dépistage et d’empêcher que ces 80 personnes-là deviennent 160, 320, 640, 1200. Parce que c’est comme ça que ça se fait: chaque cas en infecte un autre, en infecte un autre, en infecte un autre, en infecte un autre. Puis, là-dedans, ça peut être ta grand-mère qui décède», a-t-il dit.

Dr Arruda dit qu’il constate un relâchement des mesures sanitaires en période estivale et a prié les citoyens de continuer à suivre les bonnes habitudes sanitaires acquises pendant la pandémie.

«Ça va être les vacances de la construction et ce n’est pas le temps d’aller ensemencer les régions où il n’y a pas trop de cas en n’ayant pas les précautions nécessaires», a-t-il dit, ajoutant que les cas «importés» de New York, d’Italie et de France, notamment, pendant la semaine de relâche au printemps, avaient mené à la première vague de cas de COVID-19 au Québec.

«On n’a pas le goût de revenir en arrière. J’ai pas le goût de refermer le Québec au complet parce qu’on n’aura pas fait chacun notre devoir», a dit le directeur de la santé publique.

Des restrictions nécessaires

Depuis vendredi, les bars du Québec doivent cesser de vendre des boissons alcoolisées à minuit; les clients qui s’y trouvent doivent avoir quitté les lieux au plus tard à 1h et les bars ne pourront pas accueillir plus de 50 % de leur capacité légale. La danse sera interdite et les clients devront rester assis pour consommer de l’alcool.

Dr Arruda n’a pas voulu lier les restrictions annoncées jeudi aux récentes éclosions en Montérégie. À la suite des fêtes privées, un bar du quartier DIX30 à Brossard avait été montré du doigt pour avoir été un vecteur de transmission de la maladie.

Le directeur de la santé publique estime néanmoins qu’il était nécessaire d’imposer des restrictions sur ces établissements qui, par leur nature, incitent aux rapprochements.

«Les bars, c’est des petites pièces, souvent. On va là pour socialiser, on ne va pas là pour manger à table à distance, il y a de la musique, il y a beaucoup de bruit, on prend un verre, on n’entend pas, on se rapproche. (…) Les gens parlent fort, puis quand tu parles fort, t’envoies plus de gouttelettes comme tel», a-t-il expliqué, mimiquant les fêtards qui n’entendent pas leurs voisins.

Quant aux heures réduites, elles étaient nécessaires «parce qu’on sait que les fêtards, ceux qui ont bu plus et qui vont moins écouter les consignes, ça va être souvent entre 1h et 2h et 3h du matin», a ajouté Dr Arruda.

Il a appelé les propriétaires de bars et les clients à suivre les consignes afin d’éviter de les fermer complètement.

Pas de temps à perdre

Aucune décision n’a encore été prise concernant le port du masque dans les lieux publics fermés partout au Québec, mais ça ne saurait tarder, a laissé entendre Dr Arruda.

Même s’il convient que le fait de l’obliger pourrait avoir des «effets pervers» et créer de la résistance au sein de la population, le directeur de la santé publique croit que les plus récentes éclosions régionales pourraient justifier de serrer la vis.

«Voyant ce qui se passe, je vous dirais qu’il y a de fortes chances, de très fortes chances qu’on va être obligés d’aller un petit peu plus loin que ce qu’on est habitués parce qu’on n’a pas le temps d’attendre que les gens se décident», a-t-il déclaré, vendredi.

«À un moment donné, s’il le faut, il le faut. Alors… décodez», a-t-il ajouté.

Le gouvernement du Québec a été pris de court, plus tôt cette semaine, quand la Ville de Montréal a annoncé son intention d’imposer le couvre-visage dans les lieux publics fermés à compter du 27 juillet. Il sera également obligatoire dans tous les transports en commun du Québec à cette date.

La directrice régionale de santé publique de l’Outaouais, Dre Brigitte Pinard, dit qu’elle attend les directives de Québec concernant le port du masque. Il est déjà obligatoire dans les lieux publics fermés d’Ottawa, juste de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

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