COVID-19: à partir du 7 janvier, les voyageurs devront avoir un test négatif

OTTAWA — Ce n’est qu’à compter du 7 janvier que les passagers aériens qui voudront revenir au Canada seront tenus de présenter un test de COVID-19 négatif avant d’entrer au pays.

Le gouvernement Trudeau avait annoncé mercredi cette nouvelle mesure visant à limiter la propagation du coronavirus au pays. La date d’entrée en vigueur n’avait pas été précisée.

Le résultat du test devra être présenté au transporteur aérien avant d’entrer dans l’avion, a précisé le gouvernement dans un communiqué diffusé en fin de journée jeudi. Cette mesure s’applique aux passagers âgés de cinq ans et plus.

«Un transporteur aérien devra refuser l’embarquement à un passager qui ne peut en faire la démonstration», a précisé Transports Canada en réponse à une demande de La Presse Canadienne, expliquant que la présentation d’un diagnostic négatif sera «une condition d’embarquement sur un vol vers le Canada».

Les passagers qui ont une preuve de résultat négatif devront respecter une quarantaine de 14 jours à leur arrivée au pays, souligne-t-on.

Ottawa prévoit d’ailleurs renforcer ses moyens pour s’assurer que les voyageurs restent bien isolés pendant ces deux semaines.

«Les Canadiens qui voyagent actuellement et qui reviennent bientôt au Canada devraient commencer immédiatement à planifier un test de dépistage de la COVID-19 en vue d’éviter de retarder leur retour au Canada», a indiqué le gouvernement dans son communiqué.

Quant aux personnes qui voyagent à partir d’un pays où les tests PCR (polymérisation en chaîne moléculaire) ne sont pas disponibles, ils devront se présenter à un site de quarantaine désigné de l’Agence de la santé publique du Canada pour la durée de leur quarantaine obligatoire de 14 jours, a mentionné une porte-parole du ministère.

Au début de la semaine, Québec avait demandé à Ottawa de dépister de toute urgence les voyageurs qui commencent à revenir au pays. Le gouvernement Legault avait salué les mesures, mercredi, mais la date d’application n’était pas encore connue.

Les transporteurs inquiets

Avant de monter à bord d’un vol pour le Canada, les passagers devront présenter aux compagnies aériennes la documentation d’un test négatif de la COVID-19 PCR effectué dans les 72 heures précédant leur départ prévu, a indiqué le gouvernement.

Le Conseil national des lignes aériennes du Canada (CNLA) soutient qu’il y a encore des enjeux majeurs à résoudre concernant cette exigence.

Le président et chef de la direction du CNLA, Mike McNaney, a déclaré que des précisions supplémentaires étaient nécessaires concernant le format dans lequel les passagers devront présenter les résultats de leurs tests et les options qui s’offriront aux passagers si le pays dans lequel ils se trouvent n’offre pas le type de test accepté par le gouvernement canadien.

«Nous soutenons pleinement les tests et la mise en œuvre d’une stratégie et d’un régime de dépistage», a souligné M. McNaney. «Mais l’objectif est de le faire de manière cohérente et approfondie, et d’encadrer (le dépistage) avec les mesures de quarantaine.»

Le CNLA est un groupe industriel qui représente les principaux transporteurs du pays, notamment Air Canada, Air Transat et WestJet.

M. McNaney a estimé que le manque de consultation avec les transporteurs sur les nouvelles mesures risquait de créer de la confusion chez les compagnies aériennes, les passagers et les employés gouvernementaux de première ligne qui tenteront de faire appliquer les règles.

Parallèlement aux demandes d’aide financière, des groupes de l’industrie représentant les compagnies aériennes et les aéroports ont demandé au gouvernement de remplacer la quarantaine obligatoire de 14 jours pour les voyageurs internationaux par un programme qui testerait les passagers aériens à leur arrivée au Canada.

Cependant, les mesures annoncées jeudi ne remplaceront pas la période de quarantaine obligatoire, ont déclaré des responsables gouvernementaux.

Le président du Conseil des aéroports du Canada, Daniel-Robert Gooch, a affirmé que bien que le groupe approuve le dépistage des voyageurs internationaux, il craint que l’exigence de tests associée à la quarantaine de 14 jours soit trop restrictive pour les passagers.

Jeudi après-midi, le syndicat Unifor, qui représente 300 000 travailleurs du transport aérien, a réitéré son appel à une aide gouvernementale pour le secteur aérien à la lumière de la nouvelle exigence de tests.

«L’annonce d’hier (mercredi) est importante pour protéger la sécurité publique de tous les Canadiens, mais en même temps, le refus continu du gouvernement fédéral de fournir un soutien financier adéquat aux 300 000 travailleurs du transport aérien met en péril l’avenir même de l’industrie du transport aérien au Canada», a déclaré le président national d’Unifor, Jerry Dias.

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