COVID-19: Avec 74 cas confirmés, Legault proscrit tout rassemblement

QUÉBEC — Tout rassemblement est désormais proscrit au Québec, quel que soit le nombre de personnes impliquées.

Les jeunes, en particulier, qui ont tendance à ignorer les consignes, doivent s’abstenir de «faire des partys», a réclamé le premier ministre François Legault, mardi, durant sa conférence de presse quotidienne, en vue de freiner la propagation de la COVID-19 au Québec.

Il demande l’aide de leaders, youtoubeurs ou influenceurs des jeunes, artistes ou sportifs, pour convaincre les adolescents, sur les médias sociaux ou autrement, de prendre au sérieux la pandémie et renoncer à organiser ou à participer à tout rassemblement.

«C’est pas le temps de faire des partys, c’est pas le temps de se rassembler», a-t-il décrété dans un «appel spécial» à l’intention des jeunes, qui risquent de contaminer des personnes vulnérables.

Pour la population en général, le premier ministre en a profité pour resserrer la consigne annoncée précédemment voulant que tout rassemblement intérieur ne devait pas compter plus de 250 personnes.

«Ce que je dis aux gens, c’est qu’à moins que ce soit absolument nécessaire, pas de rassemblement. Que ce soit 10 (personnes), ou que ce soit 250, pas de rassemblement», a martelé le premier ministre, qui demande aux Québécois de suivre à la lettre les directives gouvernementales, dans le but de «sauver des vies».

Le gouvernement n’en est cependant pas encore rendu à imposer des amendes aux délinquants.

Le bilan au Québec est passé à 74 cas confirmés de personnes infectées par la COVID-19, soit 33 cas de plus que la veille à la même heure. Au moins cinq personnes sont hospitalisées et 3500 sont en attente des résultats des tests effectués.

Le premier ministre s’est appliqué à responsabiliser tous ceux qui seraient tentés de prendre le virus à la légère en leur lançant ce message: «Si jamais vous transmettez le virus à quelqu’un et que ce quelq’un meurt. Vous allez avoir cela sur votre conscience toute votre vie.»

La priorité du gouvernement désormais: augmenter le nombre de tests de dépistage, qui devrait passer de «quelques centaines à quelques milliers» par jour.

On compte maintenant 22 cliniques de dépistage, et neuf sont à venir, pour un total de 31.

La ministre de la Santé, Danielle McCann, s’est faite rassurante quant au nombre de lits disponibles, même en cas d’éclosion majeure, avec 1000 lits de soins intensifs, 18 000 lits d’hospitalisation, incluant 6000 lits qui pourront être libérés en annulant toutes les chirurgies électives. À ce nombre, pourraient s’ajouter 3000 lits d’appoint, qu’il s’agisse de chambres d’hôtel ou d’installations modulaires.

La ministre a dit par ailleurs qu’il n’y avait pas de raison de s’inquiéter d’une hypothétique pénurie d’équipement médical. Une directive a été envoyée aux directions d’hôpitaux pour mettre sous clé des équipements de protection, comme des masques, pour éviter les vols.  

M. Legault demande aux employeurs de se montrer compréhensifs envers leurs employés qui doivent se soumettre à un isolement de 14 jours.

En cas de pénurie de main-d’oeuvre due à un trop grand nombre de cas, Québec avait lancé un appel à tous ceux ayant déjà oeuvré dans le réseau et qui seraient prêts à donner un coup de main aux employés du secteur de la santé. On a reçu à ce jour 10 000 CV et 1800 personnes sont déjà à l’oeuvre.

Aux touristes étrangers en visite au Québec, M. Legault demande de s’isoler volontairement pendant 14 jours.

Pendant ce temps, pour donner l’exemple et éviter les rassemblements, l’Assemblée nationale a fermé ses portes jusqu’au 21 avril, après avoir débloqué 2,7 milliards $ de fonds pour parer au plus pressé et adopter en vitesse quelques projets de loi.

La propagation de la COVID-19 a forcé les parlementaires à accélérer le processus d’adoption de deux projets de loi accordant plus de pouvoirs aux super-infirmières et aux pharmaciens, déchargeant ainsi les médecins.

Le gouvernement Legault accorde par ailleurs un répit aux contribuables et aux entreprises: ils pourront payer leurs impôts au plus tard le 31 juillet plutôt que le 30 avril, sans frais et sans intérêts. La date limite pour transmettre sa déclaration de revenus est reportée au 1er juin.

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