COVID-19: «Ayez une pensée pour les personnes autistes», demande Maccarone

QUÉBEC — Les personnes autistes et leurs familles, privées de tout contact extérieur, vivent très difficilement la crise de la COVID-19, selon la députée libérale Jennifer Maccarone, elle-même mère de deux enfants autistes.

À l’approche de la Journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme, le 2 avril, elle demande à ce que les Québécois aient une pensée pour ces personnes, qui souvent ne comprennent pas tout à fait ce qui se passe.

«Ça crie, ça pleure, il y a des chicanes», a déclaré en entrevue l’élue de Westmount—Saint-Louis en décrivant le train-train quotidien avec ses ados autistes de 16 et 18 ans.

Évidemment, tout n’est pas noir, mais «le manque de stabilité et le changement de routine, c’est très difficile à conjuguer pour plusieurs enfants et adultes sur le spectre de l’autisme», a-t-elle ajouté.

Si on sait que la crise de la COVID-19 est devenue anxiogène pour plusieurs Québécois, elle peut carrément faire régresser les personnes autistes, qui peinent à poursuivre leurs thérapies à la maison.

Cela peut faire ressortir toutes sortes de comportements indésirables, comme la violence envers les parents, selon Mme Maccarone.

Certains parents n’ont d’autres choix que d’appeler la police pour faire hospitaliser leurs enfants, affirme-t-elle, en invitant les familles à se parler et à s’appuyer dans cette épreuve.

Mme Maccarone reconnaît le travail du gouvernement du Québec dans la lutte contre la COVID-19, mais elle suggère que les personnes autistes pourraient toujours être mieux soutenues. 

Les documents d’information en ligne et les téléconsultations ont leurs limites, selon elle. Entre autres, plusieurs familles souffrent du manque de répit.

«Pour moi, aller faire mon épicerie, c’est rendu du répit là, parce que je n’ai pas d’autres personnes qui peuvent venir m’aider», illustre la députée.

Après la crise, des personnes autistes constateront que leur l’état se sera dégradé. «Ce n’est pas tous les parents qui sont équipés pour être thérapeutes», a-t-elle renchéri.

«Comme n’importe quelle autre thérapie, quand on arrête, bien on prend du recul, puis il faut recommencer souvent quelques pas en arrière pour revenir où on était auparavant.» 

Elle suggère de faire comme pour les personnes âgées, et d’appeler les familles comptant des personnes autistes afin de leur offrir un peu de réconfort.

La Journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme a été créée en 2007 par l’Assemblée générale des Nations unies. Cette journée, lors de laquelle on invite les gens à porter du bleu, a pour but d’attirer l’attention sur la nécessité d’améliorer la qualité de vie des personnes autistes et de lutter contre la stigmatisation et la discrimination associées aux différences neurologiques.