COVID-19: bonifiez le crédit d’impôt pour solidarité, dit un regroupement

MONTRÉAL — Un regroupement qui défend les démunis réitère sa demande à Québec de bonifier le crédit d’impôt pour solidarité, dans le contexte du coronavirus.

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté souligne que 2,9 millions de Québécois touchent déjà ce crédit d’impôt, qu’il suffirait de bonifier temporairement: des personnes âgées peu fortunées, des ménages à faible revenu, par exemple.

Ce crédit d’impôt avait été instauré pour pallier les effets des hausses de tarifs et de taxes pour les personnes à faible revenu, a expliqué en entrevue mardi Serge Petitclerc, porte-parole du Collectif.

Le regroupement ne formule pas de montant ou de pourcentage précis pour la bonification du crédit d’impôt qu’il demande. «On n’a pas voulu tomber dans le piège des montants», note M. Petitclerc, qui espère tout de même que Québec s’inspire de la Mesure du panier de consommation.

M. Petitclerc fait valoir que bien des personnes n’ont pu bénéficier jusqu’ici des programmes d’aide gouvernementaux, qui sont essentiellement conçus pour ceux qui ont perdu leur emploi.

Il trouve l’idée louable, mais il défend aussi les autres.

À ceux qui s’y opposent en affirmant que les personnes assistées sociales, par exemple, n’ont pas vu leurs dépenses augmenter à cause de la crise, M. Petitclerc rétorque que les friperies sont fermées, par exemple, que le printemps est arrivé et que les enfants ont laissé leurs chaussures à l’école, où ils ne peuvent retourner.

De même, certaines personnes qui bénéficiaient d’un repas gratuit ou du kilométrage payé en faisant quelques heures de militantisme ou de bénévolat dans un organisme, par exemple, ne peuvent plus en bénéficier. Ce repas payé comptait pour elles.

D’autres qui recueillaient les bouteilles et cannettes vides pour les revendre ne peuvent plus le faire et toucher ainsi un petit revenu d’appoint.

Les personnes itinérantes qui quêtaient ne peuvent plus le faire non plus, puisque les gens se tiennent loin les uns des autres.

Et les augmentations de prix sur certaines denrées, dues à la crise, touchent plus durement encore ces personnes à faible revenu.

«Les outils fiscaux sont les plus efficaces en temps de crise, parce que les gens sont déjà inscrits; il s’agit seulement de bonifier» le montant, a plaidé M. Petitclerc.

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