COVID-19: ce qu’il faut savoir sur l’efficacité du vaccin d’AstraZeneca

MONTRÉAL — Santé Canada a approuvé un troisième vaccin contre la COVID-19, autorisant l’utilisation du vaccin fabriqué par AstraZeneca et l’Université d’Oxford après un long examen des détails des essais cliniques.

AstraZeneca a été la première à demander une approbation au Canada en octobre dernier et son vaccin a été autorisé plus tôt dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni, au Mexique, en Inde et dans toute l’Union européenne.

Mais Santé Canada a demandé des données supplémentaires à l’entreprise avant d’autoriser le nouveau vaccin vendredi.

Voici ce que nous savons du produit d’AstraZeneca:

POURQUOI A-T-IL ÉTÉ SI LONG À APPROUVER?

L’équipe de réglementation de Santé Canada examinait la demande d’AstraZeneca depuis le 1er octobre 2020 et a procédé à son évaluation finale des données cliniques à la fin du mois dernier.

La Dre Supriya Sharma, conseillère médicale en chef de Santé Canada, a déclaré en janvier que l’examen était «un peu plus compliqué» parce que certains participants aux essais d’AstraZeneca n’avaient reçu qu’une demi-dose au début.

QUELLE EST L’EFFICACITÉ DU VACCIN DANS LES ESSAIS CLINIQUES?

Les données publiées par l’entreprise laissent entendre que lors des essais cliniques, le vaccin était efficace à 62 % lorsque deux doses complètes étaient administrées à un mois d’intervalle. Un autre schéma posologique, dans lequel une demi-dose était suivie d’une dose complète 28 jours plus tard, s’est révélé efficace à 90 %, selon les données provisoires.

La docteure Sharma indique que les recommandations sont d’administrer deux doses semblables à un intervalle de quatre à 12 semaines. Elle ajoute que certaines données limitées suggéraient une meilleure réponse immunitaire lorsque la deuxième dose était administrée plus près de l’intervalle de 12 semaines.

En comparaison, les essais cliniques de Pfizer-BioNTech et Moderna, les deux autres vaccins actuellement approuvés au Canada. ont indiqué une efficacité de 95 %. La docteure Sharma rappelle que si l’efficacité des trois vaccins n’est pas la même, par contre, aucune des personnes vaccinées qui a ensuite contracté le virus n’a été hospitalisée ou est morte de la COVID-19. 

Les résultats préliminaires de l’essai d’AstraZeneca ont été examinés très tôt par le journal médical «The Lancet», qui a suggéré que le vaccin pouvait réduire la propagation du virus et protéger contre la maladie et la mort.

Selon Santé Canada, bien que le vaccin n’ait pas été testé sur des personnes de plus de 65 ans, les données réelles des pays qui utilisent déjà le produit suggèrent qu’il est sûr et efficace chez les groupes plus âgés.

FONCTIONNE-T-IL CONTRE LES NOUVEAUX VARIANTS?

Un groupe d’experts sur l’immunisation travaillant avec l’Organisation mondiale de la santé recommande l’utilisation du vaccin d’AstraZeneca, même dans les pays où les variants sont devenus dominants.

Cette orientation intervient après qu’une petite étude en Afrique du Sud a suggéré que le vaccin d’AstraZeneca n’était que très peu efficace contre le variant détecté pour la première fois dans ce pays, ce qui l’a obligé à cesser d’utiliser le produit plus tôt ce mois-ci.

L’Afrique du Sud a déclaré qu’elle donnerait plutôt le vaccin de Johnson & Johnson, encore non approuvé, aux travailleurs de la santé de première ligne pour voir comment il protège contre le variant plus contagieux qui y est dominant.

L’Université d’Oxford, qui a aidé à développer le vaccin d’AstraZeneca, a déclaré que les chercheurs peaufinaient leur produit en insérant une séquence génétique à partir de ce variant spécifique.

Le vaccin d’AstraZeneca a des données précoces prometteuses suggérant qu’il fonctionne contre un autre variant détecté pour la première fois au Royaume-Uni. Les résultats basés sur des écouvillons prélevés sur environ 500 volontaires lors d’essais entre octobre et janvier ont montré un taux d’efficacité de 74,6 % contre ce variant.

COMMENT FONCTIONNE LE VACCIN?

Contrairement à Pfizer-BioNTech et Moderna, qui utilisent de l’ARN messager (ARNm), le vaccin d’AstraZeneca est un vecteur viral non réplicatif, utilisant un virus de rhume de chimpanzé affaibli comme vaisseau.

Les scientifiques ont retiré les gènes de ce virus, qui n’est pas nocif pour les humains, et les ont remplacés par le gène de la protéine de pointe pour le SRAS-CoV-2.

Une fois injecté, le vaccin montre à notre corps comment produire la réponse immunitaire nécessaire pour combattre de futures infections par le virus de la COVID-19.

La non-réplication signifie que le virus ne se reproduira pas réellement dans tout le corps.

QUELS SONT LES AVANTAGES DE CE VACCIN?

Le vaccin d’AstraZeneca peut être expédié et conservé à la température d’un réfrigérateur, contrairement à celui de Pfizer-BioNTech qui nécessite des températures ultra-basses pour conserver le produit avant l’injection. Le vaccin de Moderna se situe quelque part entre les deux, nécessitant un congélateur ordinaire pour maintenir les injections à environ -20 C.

Du point de vue de la vaccination mondiale, le faible coût du vaccin d’AstraZeneca — environ 4 $ US par dose — lui donne un autre avantage. AstraZeneca, qui affirme vouloir fabriquer jusqu’à trois milliards de doses en 2021, s’est engagée à rendre son produit disponible à prix coûtant dans le monde entier jusqu’au mois de juillet.

Le vaccin d’AstraZeneca forme la majeure partie du stock acquis jusqu’à présent par l’effort de partage de vaccins soutenu par l’ONU, connu sous le nom de COVAX, qui vise à déployer des vaccins contre les coronavirus auprès des populations du monde entier.

QUAND POUVONS-NOUS NOUS ATTENDRE À UTILISER LE VACCIN AU CANADA?

Le gouvernement canadien a déjà acheté 20 millions de doses du vaccin d’AstraZeneca, et un déploiement devrait commencer peu de temps après l’arrivée des premières expéditions dans le pays.

Le Canada recevra également jusqu’à 1,9 million de doses du vaccin d’AstraZeneca par l’intermédiaire du COVAX d’ici la fin juin.

Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré au début février qu’il croyait que la plupart de ces 20 millions de doses — suffisamment pour inoculer 10 millions de personnes — seraient administrées avant la fête du Canada.

Le gouvernement a annoncé son intention de vacciner la majorité des Canadiens d’ici septembre.

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Ce n’est vraiment pas rassurant!
Avec ce vaccin, on peut désengorger les hôpitaux; mais nous, que devenons-nous?
On peut être pas mal malade sans avoir besoin d’être hospitalisé, et on peut avoir des séquelles sans avoir été très malade.
Que deviendront les gens de 65 ans et plus vaccinés avec ça, après le déconfinement? Ils vont porter un masque jusqu’en 2025?
Y a-t-il un choix possible? Pas sûre. On est contraint de prendre ce que notre CIUSSS décide de nous mettre dans le bras? Et tant pis si on tombe sur ce vaccin moins efficace?
Mme Marie-France Raynault, du CHUM, disait, ce midi, que ce vaccin est une alternative à utiliser avec les plus jeunes en cas de ralentissement dans la production ou la livraison des vaccins à l’ARN.
Mais, depuis le matin, j’entends le CIUSSS de ma région qui s’excite à l’idée d’accélérer la vaccination actuelle des aînés grâce à l’arrivée de ce vaccin.
Non, pas très rassurant.

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Bien d’accord avec vous. Encore une fois, M. Trudeau essai de bien paraitre en s’assurant d’atteindre son objectif de vacciner tous les canadiens avant septembre. Mais à quel prix! Plusieurs pays n’utilisent pas ce vaccin à cause de son inefficacité.

Un vaccin efficace à 62%, rejeté par l’Afrique du Sud?! Après la course ratée aux vaccins, c’est là le prix de consolation sur lequel le Canada devra se rabattre pour espérer vaincre la pandémie et ses variants! Et Justin nous dit sans gêne que « c’est toujours mieux que pas de vaccin du tout »! Donc, une fois vacciné, nous demeurerons vulnérables à près de 40% et ça passe le test? Très décevant. On va devoir porter un masque à perpétuité.

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