COVID-19: des câlins pour la fête des Mères à l’Île-du-Prince-Édouard

CHARLOTTETOWN — Quand la fille âgée de 5 ans de Cheryl Roberts a appris vendredi qu’elle pourrait faire un câlin à ses grands-parents, elle s’est tournée vers sa mère et s’est exclamée: «c’est la plus belle journée de ma vie».

Vendredi, la médecin hygiéniste en chef de l’Île-du-Prince-Édouard, la Dre Heather Morrison, a annoncé l’allégement de certaines restrictions liées à la pandémie de la COVID-19, permettant notamment des rassemblements d’un nombre maximum de cinq personnes à l’intérieur. Elle a ajouté que pour le week-end de la fête des Mères, les citoyens de la province pourraient faire l’accolade à une ou deux personnes.

Mme Roberts, qui vit à Statford, a été envahie par les émotions quand elle a appris la nouvelle.

«J’ai commencé à pleurer, mes enfants criaient de joie et couraient partout dans la maison tellement ils étaient emballés, a-t-elle raconté. Les derniers mois ont été difficiles même si je voulais rester forte pour eux et être patiente. La situation n’a pas été facile pour les enfants. C’était vraiment des émotions fortes.»

En raison de l’absence de cas de nouveau coronavirus dans la province, les autorités avaient récemment permis des rassemblements de cinq personnes à l’extérieur tout en respectant une distance de deux mètres entre chaque individu.

En prévision de la fête des Mères, Mme Roberts avait planifié une visite chez sa mère en suivant ces consignes. Mais les prévisions météorologiques annonçaient de la neige et de la pluie, ce qui signifie qu’elle et ses enfants auraient dû rester dans leur véhicule, sous des couvertures, tentant de passer la fête des Mères dehors, dans une tempête de neige.

Mme Roberts a finalement pu visiter sa mère dans le confort de sa maison et ses enfants ont pu serrer «Nanny et Poppy» dans leurs bras.

Jillian Trainor, une journaliste de l’ouest de l’île, habite seule à Alberton avec ses deux chats et reconnaît que l’absence de contacts physiques avec des humains l’avait affectée pendant les quelque six semaines de confinement dans la province.

«On ne réalise pas à quel point on côtoie des personnes chaque jour, jusqu’à ce qu’on ne puisse plus le faire, a-t-elle dit. Ça fait six semaines que je n’ai pas eu l’occasion de serrer ma famille dans mes bras et je le ressens.»

Mme Trainor a affirmé que la première chose qu’elle allait faire quand elle verra à nouveau des membres sa famille sera de leur offrir un câlin. Sa voix tremblait d’émotion en en parlant.

«J’ai vraiment hâte de pouvoir le faire.»

De son côté, Savannah Belsher-MacLean, de Pinette, souhaite que les Canadiens à travers le pays aient aussi bientôt l’occasion de faire l’accolade à leur proche.

Elle a dit s’être sentie privilégiée de vivre à l’Île-du-Prince-Édouard, là où la pandémie n’a pas eu d’effets dévastateurs.

Vendredi, les 27 cas confirmés de la COVID-19 sur l’île étaient considérés comme guéris. Personne ayant contracté la maladie n’a été hospitalisée et aucun décès lié au virus n’a été noté.

«Je m’estime heureuse d’être ici, dans ce petit havre de sécurité dans le pays», a dit Mme Belsher-MacLean.

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