COVID-19: des experts étudient la confiance envers les autorités

En Alberta, on peut acheter un t-shirt sur lequel est imprimé une image de la médecin hygiéniste en chef de la province avec le slogan: «Que ferait la Dre [Deena] Hinshaw?»

C’est ce qui intéresse le sociologue Cary Wu.

«Le gouvernement et les autorités de la santé ont besoin de la confiance des gens pour que les mesures soient appliquées de manière efficace, a affirmé M. Wu, de l’Université York, à Toronto. Si les gens n’ont pas confiance, il sera très difficile de promouvoir une action collective.»

M. Wu est l’un de nombreux chercheurs canadiens à avoir reçu des bourses pour étudier la relation entre la pandémie de COVID-19 et la confiance sociale.

«Il est très important de pouvoir se tourner vers les experts et croire ce qu’ils disent, d’être en mesure de séparer l’information de la mésinformation et de savoir sur qui nous pouvons compter pour être bien conseillés», a dit Eric Kennedy, un spécialiste des catastrophes à l’Université York qui se penche aussi sur cette question.

Selon M. Wu, les crises sanitaires publiques mettent à l’épreuve la confiance d’au moins quatre manières. La confiance entre les concitoyens, la confiance envers les politiciens, la confiance envers le système de santé et la confiance envers les étrangers perçus sont toutes affectées.

«Peut-être qu’une crise sanitaire peut augmenter la méfiance du public. Ou peut-être qu’elle peut créer une solidarité et une hausse du niveau de confiance. Nous ne le savons pas vraiment», a-t-il admis.

De son côté, M. Kennedy croit que ses recherches précédentes sur les catastrophes démontrent des pistes encourageantes.

«Il y a des mythes entourant les catastrophes — l’effondrement de la société ou le pillage ou les conflits, a-t-il dit. Ce que nous avons observé lors de différentes études, c’est plutôt que les comportements antisociaux sont très minoritaires. Il est plus commun de voir des comportements de ralliement entre les personnes.»

MM. Wu et Kennedy effectuent présentement des sondages et des entrevues.

M. Kennedy a déjà reçu plusieurs réponses à son sondage, qui inclut des questions sur les connaissances et les mesures entourant la pandémie, l’attitude envers les organisations nationales et internationales, ainsi que les sources d’informations. On demande aussi aux participants de quelles manières ils croient être menacés par les autres personnes.

S’il est trop tôt pour en tirer des conclusions, les premières réponses suggèrent que les Canadiens appliquent les mesures demandées, a noté M. Kennedy.

«En général, les Canadiens ont un plus haut niveau de confiance qu’ailleurs dans le monde», a renchéri M. Wu.

«Les Canadiens seront donc plus aptes à respecter les consignes de distanciation sociale et autres mesures.»

MM. Wu et Kennedy prévoient continuer leur recherche même quand la situation entourant le nouveau coronavirus se sera apaisée.

Ils espèrent que les données récoltées avant, pendant et durant la crise permettront aux dirigeants de peaufiner leur approche lors de futures situations similaires.