COVID-19: des groupes de défense des démunis redemandent une aide d’urgence

MONTRÉAL — Alors que la deuxième vague de la COVID-19 s’étend au Québec, des groupes de défense des personnes handicapées, atteintes de déficience intellectuelle et prestataires de l’aide sociale redemandent à Québec de leur verser une aide financière d’urgence.

Le Collectif pour un Québec sans pauvreté, la Confédération des organismes de personnes handicapées, le Front commun des personnes assistées sociales, la Société québécoise de la déficience intellectuelle et le Réseau communautaire en santé mentale ont ainsi rencontré la presse virtuellement, jeudi, pour faire part de leurs revendications.

Ces groupes concèdent que depuis le début de la pandémie de coronavirus, Québec a accru son aide financière aux groupes communautaires qui viennent en aide aux démunis, mais cela est insuffisant, selon eux.

Entre autres, la ministre Danielle McCann avait annoncé en avril 20 millions $ supplémentaires pour des groupes communautaires en santé mentale et physique, dans l’hébergement, l’alimentation et le transport bénévole.

De même, le ministre Lionel Carmant avait annoncé en août une somme de 70 millions $ pour combler le manque à gagner des organismes communautaires en autofinancement, afin de compenser pour la baisse des dons reçus et afin de soutenir leur mission globale.

«Le peu de mesures qui ont été mises en place aident une parcelle seulement des personnes assistées sociales et sont nettement insuffisantes. Ce dont les personnes ont besoin, c’est d’une aide financière directe et qui va les aider à parer à l’augmentation des coûts qui sont liés à la pandémie — on pense aux masques et à l’augmentation du panier d’épicerie», a illustré Simon Pouliot, du Front commun des personnes assistées sociales.

À titre d’exemple, la prestation d’aide sociale pour un adulte seul sans contrainte à l’emploi est de 690 $ par mois. Pour un adulte avec contraintes temporaires, elle est de 828 $; pour deux adultes sans contrainte: 1049 $.

Véronique Vézina, de la Confédération des organismes de personnes handicapées, souligne que les personnes handicapées doivent payer en plus des frais de livraison pour l’épicerie et la pharmacie, de même que des frais supplémentaires pour obtenir du personnel à domicile ou un service de répit.

Ces groupes invitent Québec à s’inspirer par exemple de la Prestation canadienne d’urgence, qui offrait 2000 $ par mois. Ils ne donnent toutefois pas de montant précis qu’eux aimeraient voir versé.

Le député Harold Lebel, du Parti québécois, a appuyé leur cause, en compagnie des députés du Parti libéral Paule Robitaille et de Québec solidaire Sol Zanetti.

Le député péquiste de Rimouski a fait valoir que les problèmes de santé mentale pouvaient amplifier les difficultés vécues par ces personnes, à cause de la pandémie de coronavirus. «Il y a beaucoup d’anxiété à vivre dans la pauvreté, à essayer de se sortir la tête de l’eau à chaque mois. La pandémie par-dessus ça, et l’isolement… c’est sûr qu’il y a un enjeu qui est majeur de ce côté-là», a fait valoir M. Lebel.

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