COVID-19: Du personnel hospitalier sera détourné vers des résidences pour aînés

QUÉBEC — Du personnel hospitalier sera désormais réaffecté aux résidences pour aînés, là où le virus de la COVID-19 continue de faire des ravages.

Ce processus de transfert d’infirmières et de médecins, notamment, est rendu possible grâce au fait que le nombre d’hospitalisations requises pour traiter les malades frappés par le virus est finalement beaucoup plus faible que prévu. Il avait été surestimé par le gouvernement.

Jusqu’à maintenant, la COVID-19 a provoqué la mort de 150 personnes au Québec, dont la très grande majorité (88 %) avaient plus de 70 ans. La plupart d’entre elles vivaient soit dans un Centre hospitalier de soins de longue durée (CHSLD), soit dans une résidence privée pour aînés.

D’où l’importance, aux yeux du gouvernement, d’augmenter les ressources attribuées à ces établissements. 

Pour épargner les aînés, «on a fait des efforts, mais c’est pas encore assez, faut en faire encore plus», a reconnu le premier ministre François Legault, mardi, au cours de sa conférence de presse quotidienne destinée à faire le point sur la lutte menée au Québec contre le virus.

«On prend les grands moyens», a-t-il fait valoir, en rappelant que la pénurie de personnel dans ce type d’établissements était déjà connue avant même l’éclosion de la pandémie de coronavirus.

La protection accrue des citoyens les plus vulnérables, au premier chef les personnes âgées, demeure la «grande priorité» du gouvernement, a-t-il ajouté.

Pour minimiser les risques de contagion des aînés, toutes les mesures requises de contrôle seront prises dans leurs lieux d’hébergement: rotation limitée de personnel, restrictions des entrées et des sorties, séparation stricte entre «zones chaudes» de contamination, et «zones froides».

À divers degrés, le virus a déjà fait son nid dans environ le quart des résidences pour aînés.

«On va envoyer du renfort!», a ajouté la ministre de la Santé, Danielle McCann, en invitant les infirmières à la retraite à reprendre du service.

Les médecins de famille sont prêts eux aussi à apporter leur collaboration pour mieux assister les malades âgés, a-t-elle précisé. 

On comptait mardi midi 9340 cas confirmés et 583 personnes hospitalisées après avoir contracté le virus.

Par ailleurs, l’approvisionnement en équipement médical demeure toujours un enjeu. Cette fois, c’est le matériel servant à effectuer des tests de dépistage (les réactifs) qui pourrait venir à manquer d’ici 6 à 7 jours.

Legault prône la monogamie

Le premier ministre Legault a tenu une fois de plus à rappeler la consigne voulant qu’on évite toute forme de rassemblement, particulièrement à l’approche de la fête de Pâques, le week-end prochain.

Pas le temps d’organiser des partys de famille, a ordonné le chef du gouvernement, qui compte sur les leaders religieux pour passer le mot.

Questionné quant aux consignes à donner aux couples n’habitant pas la même région, alors que les déplacements interrégionaux sont prohibés, le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda, s’est montré prudent, affirmant que c’était une question de jugement, à traiter au cas par cas. 

Sourire en coin, le premier ministre Legault a mis son grain de sel, en ajoutant que dans les circonstances actuelles, il valait mieux s’en tenir «à un conjoint ou une conjointe seulement».

«La monogamie est préférable ces temps-ci», a commenté de son côté M. Arruda.

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