COVID-19: entente pour la fabrication éventuelle de vaccins à Montréal

OTTAWA — La compagnie Novavax produira à Montréal des doses de son vaccin contre la COVID-19, à condition que Santé Canada approuve le produit.

L’usine, installée au Conseil national de recherches du Canada (CNRC), sera prête d’ici la fin de l’été, a souligné mardi Justin Trudeau en annonçant l’accord avec la compagnie.

«Nos dernières estimations, c’est que vers la fin de l’année, on devrait être en mesure de produire un vaccin», a précisé François-Philippe Champagne, ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie. Il a noté qu’avant que ne commence la production, l’usine devra être certifiée par les autorités fédérales.

Lorsque toutes les étapes seront complétées, Ottawa calcule que deux millions de doses de vaccin par mois seront produites à Montréal.

Le ministre Champagne assure que l’accord avec la compagnie n’influencera pas les travaux des scientifiques à Santé Canada qui n’ont pas encore donné le feu vert au produit de Novavax.

«L’entente qu’on fait aujourd’hui, c’est un partenariat avec Novavax. Évidemment, dans cette entente-là, il n’y a pas de promesse. Elle est assujettie à l’approbation du vaccin», a souligné M. Champagne.

Aux journalistes qui lui demandaient à quoi servirait ce vaccin Novavax si tous les Canadiens qui le veulent seront déjà vaccinés d’ici septembre, M. Trudeau a rappelé qu’on est loin d’en avoir fini avec le coronavirus.

«On ne sait pas ce qui pourrait se passer l’année prochaine ou dans les années à venir. Il y a des nouveaux variants. Il va encore y avoir de la COVID-19 un peu partout dans le monde, même si le Canada arrive à se faire vacciner au complet. On ne sait pas si on va avoir besoin de suivis ou de nouveaux vaccins l’année prochaine», a souligné M. Trudeau.

Et puis, dans le meilleur des scénarios, ces doses montréalaises pourront servir aux pays qui seront en mal de vaccins, a noté le premier ministre.

Les partis d’opposition n’ont pas attendu l’annonce du gouvernement pour critiquer son «retard».

«Nous sommes contents d’apprendre que le Canada va enfin fabriquer des vaccins, ce que nous avons demandé il y a des mois. Mais pourquoi le gouvernement libéral a-t-il tant tardé à agir?», a écrit, dans un communiqué publié mardi matin, le chef conservateur Erin O’Toole.

«C’est une bonne nouvelle, c’est positif, j’appuie l’idée, mais ça arrive trop tard», a renchéri le chef néo-démocrate Jagmeet Singh qui a tenu un point de presse avant la sortie du premier ministre.

Le Bloc québécois a offert sa critique, en après-midi, aux Communes.

«Produire le vaccin Novavax à Montréal nous aidera dans l’avenir, mais on a besoin de vaccins dès maintenant. (…) Le gouvernement aurait dû négocier ça il y a 11 mois», a lancé la députée bloquiste Julie Vignola.

L’incapacité du Canada à produire des vaccins contre la COVID-19 sur son territoire a laissé le pays à la merci des gouvernements étrangers, qui pourraient à tout moment fermer la porte aux exportations de vaccins jusqu’à ce que leur propre population soit vaccinée.

Ce risque est devenu de plus en plus réel cette semaine à mesure que de nouveaux contrôles des exportations de vaccins en Europe s’installent.

Toutes les doses des vaccins actuellement approuvés au Canada produits par Pfizer-BioNTech et Moderna sont fabriquées en Europe.

La ministre des Services publics et de l’Approvisionnement se faisait encore rassurante, mardi.

«Les pays comme le Canada qui ont signé des contrats d’achat anticipés avec les fournisseurs de vaccins sont considérés séparément», a maintenu la ministre Anita Anand.

Le vaccin de Novavax

Le Canada a conclu un accord pour l’achat de 52 millions de doses de Novavax après son approbation par Santé Canada.

Novavax, établie dans le Maryland, a postulé vendredi pour lancer le processus d’examen réglementaire de son vaccin expérimental, après avoir annoncé qu’un essai clinique au Royaume-Uni avait montré qu’il était efficace à plus de 89 % contre la COVID-19.

L’essai au Royaume-Uni a montré une efficacité significative à la fois contre le virus d’origine de la COVID-19 et le variant connu sous le nom de B.117 qui y a été identifié pour la première fois. Un plus petit essai de phase 2 réalisé en Afrique du Sud a montré que le vaccin était également efficace contre un variant qui a émergé là-bas, connu sous le nom de B. 1.351.

Les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna ont montré un potentiel contre les variants dans les tests de laboratoire. Ces variants se propageraient plus facilement et pourraient provoquer des symptômes plus graves. Cependant, les essais qui ont conduit à l’approbation de ces vaccins ont été achevés avant que les variants aient été identifiés.

Plus de la moitié des cas de COVID-19 identifiés dans l’essai britannique de Novavax avaient le variant B. 1.17 et 90 % des cas en Afrique du Sud avaient le variant B. 1.351.

Novavax est également au milieu d’un grand essai clinique aux États-Unis, mais une porte-parole a déclaré à La Presse Canadienne que les résultats sur la sécurité du vaccin ne sont pas attendus avant au moins un mois.

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