COVID-19: finances et personnel d’organismes d’aide touchés au Canada

TORONTO — Pendant que la crise de la COVID-19 a déclenché une forte croissance de la demande auprès d’organismes d’aide qui interviennent lors de situations de détresse, ceux-ci sont maintenant confrontés à un déclin significatif de leurs revenus et de leur nombre de bénévoles.

Stephanie MacKendrick, directrice de Services de crises du Canada, précise que depuis le début de la pandémie du coronavirus, le nombre d’appels dans les centres d’aide du pays a bondi d’entre 30 et 50 pour cent.

Il est clair que la COVID-19 est au coeur de la plupart des demandes. Selon les informations amassées par l’organisme, environ 26 pour cent des appels et des textos, depuis le 26 mars, sont liés au coronavirus.

La sévérité de ces interactions est également à la hausse. Si quelqu’un demande de l’aide et qu’on en vient à la conclusion que cette personne court un risque imminent pour sa santé, le répondant entre en contact avec les services d’urgence. C’est ce que l’on appelle des «secours actifs».

Bien que de tels appels représentent un pourcentage restreint des interactions, on a dénombré une augmentation de 62 pour cent des secours actifs en avril comparativement au même mois l’an dernier. De janvier à avril cette année, la hausse s’élève à 34 pour cent.

«Nous essayons d’identifier exactement pourquoi c’est ainsi, mais je pense que le fait que les gens sont mis en garde quant à une visite à l’urgence ou un appel aux services d’urgence, il est possible que les gens attendent de faire face à une crise avant d’appeler», estime Mme MacKendrick.

Cependant, certains des organismes ont subi la perte de 90 pour cent de leurs bénévoles. Ces centres ont donc embauché du personnel rémunéré pour répondre aux appels à l’aide, ce qui leur a provoqué une crise financière.

La pandémie a aussi heurté de front les deux principales sources de revenu de ces organismes: la formation et les ateliers.

Mme MacKendrick croit que c’est une tempête parfaite qui a terrassé ces centres d’aide. Services de crises du Canada a donc demandé au gouvernement du Canada de lui octroyer une enveloppe d’urgence de 15 millions $.

«Pendant la pandémie, nous avons rapidement découvert à quel point (les centres de crises) sont importants et nous a fait réaliser à quel point ce secteur est vulnérable», note Mme MacKendrick.

«En intervenant et en donnant l’accès à quelqu’un avec qui parler, ça laisse les gens à l’écart des salles d’urgence, ça réduit les appels au 911 pour faire déplacer des services d’urgence, et pendant une pandémie, c’est particulièrement important.»

Services de crises du Canada affirme que depuis le début de la crise de la COVID-19, il a aidé 700 répondants à fournir leur aide à la population à partir de leur domicile.

Selon Mara Grunau, directrice générale du Centre de prévention du suicide en Alberta, la recherche sur les impacts des ralentissements économiques tend à montrer que les taux de suicide diminuent fréquemment au début d’une crise. Mais au fur et à mesure que les jours passent, les effets cumulatifs mènent à des hausses de 12 à 18 mois plus tard.

«Nous sommes nerveux, il n’y a pas de doute que nous sommes nerveux», confie Mme Grunau.

«C’est merveilleux que le gouvernement ait créé toutes sortes de programmes pour aider les gens à prendre soin de leurs besoins physiques. Mais une fois que les questions liées à la nourriture et à leur résidence ont été réglées, je pense que nous allons voir une gigantesque émergence des besoins en matière de santé mentale. Et je pense qu’à partir de ce que les centres de crises et les lignes de crises constatent, c’est déjà commencé, ça émerge déjà.»

C’est la raison pour laquelle les gens travaillant en prévention du suicide sont doublement inquiets des contraintes auxquelles fait face le système. Le secteur s’est toujours débrouillé avec les moyens du bord, opérant avec des budgets limités et des sources de financement variées, mais sans voix nationale pour les aider à sonner l’alarme, note Mme MacKendrick.

«C’est un désastre qui nous attend. Les gens ont besoin que quelqu’un leur réponde lorsqu’ils appellent.»

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Oui mais…

Corona peut être perçue, du point de vue de sciences pures, comme quelque chose à combattre et endiguer au p. c., à abattre ou neutraliser coûte que coûte, le plus tôt et aussi durablement ou définitivement que possible.

Par contre, à l’aune d’humanités, covidixneuf peut, inversement, être considérée comme une rare opportunité. Telle une amie, quoi, permettant notamment de revisiter nos finalités de vie ou… d’en désigner de véritables.

Un sage, décédé il y a sept ans, répétait qu’il faut vivre avec ce qu’on a, avec ce qui nous reste. Or, Corona enlève peu eu égard à ce qu’elle laisse. Voire en prodigue peut-être même plus qu’elle n’en ôte.

L’an dernier, quels principaux griefs avaient le plus cours? Le climat. Ah, ces avions qui polluent! Le transport en commun: ah, cette ligne orange où l’on est entassés à s’en faire écraser! Eh bien, covidixneuf a fait réduire, comme par enchantement, plus que significativement, et le nombre d’avions en l’air et le nombre de passagers en trop sur la ligne orange… Et ce en moins de deux. Finie, congestion routière ou passagère. Et place à cogestion. Pas « beau », ça ?

Il faut savoir apprécier les bienfaits d’avènements malheureux… bénéfiques.

Même chose peut être avancée relativement aux hécatombes n’en finissant plus en CHSLD. Corona aura permis d’enfin faire prendre conscience, cruellement, que ç’a aucun sens le traitement réservé aux personnes âgées.

Morale? Le mal a du bon, les maux, si graves soient-ils, peuvent faire éminemment de bien, souvent.