COVID-19: il est trop tôt pour recommander la colchicine, disent des scientifiques

MONTRÉAL — Les scientifiques du gouvernement du Québec estiment que des recherches supplémentaires sont nécessaires avant de pouvoir recommander l’utilisation de la colchicine pour traiter les patients atteints de COVID-19.

Le médicament, actuellement utilisé pour traiter la goutte et certains autres problèmes de santé, a fait l’objet d’une étude portant sur des patients non hospitalisés atteints de la COVID-19 et dirigée par des chercheurs de l’Institut de Cardiologie de Montréal, qui ont annoncé leurs résultats dans un communiqué de presse, le 22 janvier.

L’institut a qualifié les résultats de l’étude de «cliniquement convaincants» et le chercheur principal, le Dr Jean-Claude Tardif, a suggéré en entrevue que les médecins pourraient commencer à utiliser la colchicine pour traiter les patients atteints de COVID-19 immédiatement.

La Dre Michele de Guise, vice-présidente scientifique de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux du Québec, a toutefois déclaré aux journalistes lors d’un breffage technique plus tôt cette semaine que les résultats de l’étude montrant une diminution du risque d’hospitalisation ou de décès chez les patients atteints de COVID-19 ne sont pas statistiquement significatifs.

Elle a ajouté que bien que l’étude ait montré des résultats positifs, la différence entre les patients qui ont reçu la colchicine et le groupe témoin était trop petite pour être invoquée, et elle s’inquiète du risque d’effets secondaires du médicament, qui incluent des embolies pulmonaires.

La Dre De Guise dit que si des patients demandent à des médecins de leur prescrire de la colchicine, ils devraient s’assurer que leurs patients sont conscients des risques et des avantages non prouvés, ajoutant que cela devrait être une décision conjointe du médecin et du patient.

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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