COVID-19: la communauté Tosh de Boisbriand collabore, insistent les autorités

BOISBRIAND, Qc — La communauté juive orthodoxe Tosh de Boisbriand collabore avec la Ville, les policiers et la santé publique après avoir constaté une éclosion de cas de la COVID-19 parmi ses membres, ont insisté les autorités de la région, lundi.

La direction de la santé publique des Laurentides a procédé à une ordonnance de confinement pour 14 jours de la communauté juive, a-t-on confirmé dimanche.

Un service de sécurité communautaire a érigé un barrage au principal point d’entrée de la communauté, a indiqué la Régie intermunicipale de police Thérèse-de Blainville. Le seul autre point d’entrée a été fermé avec des barricades.

Le directeur de santé publique des Laurentides, Éric Goyer, affirme qu’il y a jusqu’à maintenant une collaboration «hors pair» des membres de la communauté avec les partenaires municipaux et les policiers.

Ceux-ci sont sur place pour appuyer la communauté, «pas pour les surveiller», a-t-il précisé.

«C’est peut-être la décision la plus difficile de ma vie (…) mais c’est vraiment pour protéger les membres de la communauté, et ceux de la communauté qui vit près d’eux», a expliqué M. Goyer.

«Restreindre les libertés individuelles n’est pas une chose que j’aime faire, mais je veux offrir la meilleure protection possible aux membres de la communauté, surtout les personnes âgées.»

Il ajoute que les autorités sont en contact constant avec eux, afin de s’assurer qu’ils ne manquent pas de nourriture, de médicaments ou d’autres produits essentiels.

M. Goyer a ajouté en point de presse qu’il était question d’une quinzaine de cas au sein de la communauté, des gens qui étaient de retour de voyage.

Il a précisé qu’il était probable qu’ils aient contracté le virus alors qu’ils ont voyagé dans l’État de New York il y a deux semaines, pour célébrer une fête religieuse. Le nombre de cas positif augmentera sans doute, a-t-il ajouté.

La communauté Tosh de Boisbriand est composée de plusieurs grandes familles, qui ont souvent de six à huit enfants, a-t-il souligné.

Les leaders de la communauté ont dû traduire les directives de la santé publique en yiddish, puisque plusieurs membres ne parlent ni français ni anglais et évitent la télévision et la radio.

«Je peux dire qu’ils en font beaucoup plus que d’autres communautés pour tenter de stopper la propagation du virus», a déclaré M. Goyer.

Une enquête a été entreprise auprès des personnes infectées afin de déterminer avec qui elles ont été en contact et d’effectuer les tests de dépistage appropriés chez ceux qui ressentiront des symptômes. Il n’est toutefois pas question, pour l’instant, de tester l’ensemble de la communauté.

M. Goyer a également déclaré vouloir «tout faire pour éviter de stigmatiser» cette communauté juive orthodoxe.

Le directeur de la Régie de police Thérèse-De Blainville, Francis Lanouette, a d’ailleurs indiqué qu’une vérification avait été faite après que des informations eurent circulé, jeudi dernier, voulant que des rassemblements aient eu lieu dans des endroits comme des écoles et des synagogues de la communauté.

«Nous avons fait les vérifications, tous ces endroits étaient fermés», a-t-il assuré.

La mairesse de Boisbriand, Marlene Cordato, a de son côté voulu rassurer l’ensemble de citoyens de sa ville.

«Toutes les recommandations émises sont prises au sérieux», a-t-elle insisté, ajoutant que la Ville était consciente des préoccupations des gens et qu’elle suivait la situation de près.

Elle ajoute que les autorités ont répondu à l’ensemble des préoccupations de la Ville et l’ont aidée à mettre des mesures en place.

Elle a précisé lundi que l’ordre de confinement a été élargi à environ 100 familles qui résident dans la ville, mais à l’extérieur du secteur en quarantaine où la majeure partie de la communauté Tosh se trouve.

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