COVID-19: la population en a assez de ne pas pouvoir se réunir

MONTRÉAL — La population demeure majoritairement prête à continuer à respecter les consignes sanitaires nécessaires pour combattre la COVID-19, mais les gens commencent à en avoir assez de ne pas pouvoir se réunir avec leurs parents et amis, démontrent des chiffres rendus publics mardi lors du 88e congrès de l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences (ACFAS).

Ces données découlent de l’étude iCARE, à laquelle contribuent quelque 200 collaborateurs répartis dans 41 pays. Environ 90 000 personnes ont été interrogées, principalement au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Australie.

À l’échelle internationale, entre 80 % et 90 % des participants se disent toujours prêts à porter un masque, à se laver les mains et à pratiquer la distanciation sociale. Ce pourcentage est en hausse depuis le mois de septembre et il s’agit de certains des comportements les plus respectés à travers le monde.

En revanche, seulement 60 % des participants à l’étude sont encore prêts à éviter les rassemblements sociaux, un pourcentage qui glisse depuis le début de la crise sanitaire.

«Ça démontre à quel point soutenir l’adhésion à ce comportement pose le plus de problèmes à travers le monde, a dit la professeure Kim Lavoie, du département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal. On pense que c’est parce que les êtres humains sont très sociaux. C’est peut-être le plus gros sacrifice qu’on doit faire depuis le début de la pandémie.» 

Entre 10 % et 15 % des participants ont aussi admis ne pas s’isoler la plupart du temps s’ils ont reçu un diagnostic de COVID-19 ou s’ils présentent des symptômes qui pourraient être ceux de la maladie.

«Ça peut expliquer pourquoi on a observé une deuxième vague aussi importante», a dit Mme Lavoie.

Le respect d’une quarantaine après un voyage est aussi en perte de vitesse.

Au Canada, ce sont plus de 80 % des participants à l’étude qui assurent respecter les principales mesures de prévention, toujours la plupart du temps. Le respect de l’évitement des rassemblements sociaux a toutefois fondu à 40 % l’été dernier, avant de remonter un peu.

Les gens les plus susceptibles de respecter les comportements de prévention sont ceux qui les perçoivent comme étant importants; ceux qui craignent d’être infectés par le virus ou d’infecter leur entourage; et ceux qui s’inquiètent des répercussions financières de la pandémie. Par contre, ceux qui témoignent de préoccupations financières personnelles seront moins susceptibles d’y adhérer.

Des informations concernant la manière dont les mesures sanitaires sauvent des vies et ralentissent la propagation du virus sont susceptibles de motiver les gens à les respecter, tout comme des informations sur les taux locaux d’infections et d’hospitalisations, ont constaté les chercheurs.

Les femmes, les gens âgés de 50 ans et plus et les gens sans emploi sont ceux qui adhèrent le plus et le mieux aux mesures sanitaires.

Intentions de vaccination

L’étude iCARE révèle par ailleurs que les deux tiers des Canadiens sont «extrêmement susceptibles» d’être vaccinés contre la COVID-19. Ce pourcentage avait chuté à un peu plus de 50 % l’automne dernier, entre la première et la troisième vague, avant de repartir à la hausse.

Les Canadiens les plus hésitants sont les femmes, les gens âgés de moins de 50 ans, les moins bien nantis, les gens moins éduqués et les membres des minorités visibles.

«Ce qui est inquiétant dans le contexte canadien, a précisé Mme Lavoie, est qu’on retrouve ici des gens qui sont plus à risque d’attraper la COVID et d’avoir des effets secondaires importants. Ce sont pourtant les plus réticents à se faire vacciner.»

Les intentions de vaccination sont en recul à l’échelle mondiale. C’est au Brésil, en Italie et au Royaume-Uni qu’elles sont les plus élevées, et en France, en Turquie, en Colombie et aux États-Unis qu’elles sont les plus faibles.

On constate une plus grande hésitation parmi les gens âgés de moins de 25 ans, parmi les femmes, parmi les gens à faible revenu et parmi les habitants des régions rurales.

Des préoccupations socio-économiques ou liées à la santé font chuter respectivement de 18 % et de 30 % l’hésitation à se faire vacciner. 

«Ça démontre que les gens qui sont plus préoccupés par la santé et par le fait qu’on vit toujours sous des restrictions, qu’on est isolés de nos proches, ça représente des motivateurs très forts de se faire vacciner», a dit la professeure Lavoie.

Par contre, des préoccupations financières personnelles font augmenter l’hésitation de 45 %, possiblement parce qu’il s’agit de gens dont l’emploi ne leur permet pas de s’absenter pour être vaccinés.

Les principaux facteurs qui motivent la population à se faire vacciner sont de savoir que les vaccins sont efficaces et sécuritaires, ainsi que le désir de protéger leur entourage.

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