COVID-19: la santé publique du Canada met en garde contre un relâchement des mesures

OTTAWA — L’Agence de la santé publique du Canada prévient qu’un relâchement précoce des mesures de santé publique dans les provinces pourrait mener à une «forte résurgence» du virus dès le mois prochain. 

De nouvelles prévisions à long terme, tenant compte de nouveaux variants plus contagieux, démontrent une flambée des cas aussi tôt que le mois de mars et la courbe pourrait largement dépasser le pic de la deuxième vague en avril dans la majorité des provinces si les mesures sont relâchées. 

Dans un courriel subséquent, l’Agence a précisé que le Canada pourrait voir 6400 cas par jour en date du 1er mars et jusqu’à 71 000 cas par jour avec un relâchement des mesures. Avec les mesures actuelles, on pourrait retourner à 4000 cas par jour au 1er mars et 11 000 cas par jour au 1er avril, selon ces scénarios de modélisation.  

Les administrateurs en chef ont soutenu, lors d’une conférence de presse, que le Canada est à un «point critique de la pandémie».

«Nos efforts ont commencé à faire pencher la balance en notre faveur alors que l’activité globale de la maladie est en déclin et que les premières campagnes de vaccination sont en cours. En même temps, les variants préoccupants sont apparus et se répandent dans tout le pays, menaçant nos progrès», a déclaré le Dr Howard Njoo. 

Le nombre de cas quotidiens, d’éclosions dans les centres de soins de longue durée, les taux d’hospitalisation et de décès liés à la souche initiale de COVID-19 ont diminué de façon régulière dans les dernières semaines au pays, exception faite pour les populations autochtones vivant dans les réserves dont le taux de nouveaux cas dépasse celui de l’ensemble de la population canadienne. 

Les administrateurs de la santé publique disent qu’avec une moyenne nationale d’environ 2900 nouveaux cas chaque jour, le nombre de cas est encore 60 % plus élevé que lors du pic de la première vague. 

Qui plus est, les variants commencent à prendre de l’ampleur au pays. Des cas ont été détectés dans toutes les provinces et cinq provinces ont identifié de la transmission communautaire. On compte au pays 664 cas de la souche d’abord identifiée au Royaume-Uni, 39 cas du variant d’abord identifié en Afrique du Sud et un seul cas du variant d’abord identifié au Brésil. 

Les administrateurs de la santé publique rappellent que ces variants peuvent être 50 % plus transmissibles que la souche initiale et les comparent à un «feu couvant qui menace maintenant de prendre de l’ampleur et de se propager rapidement».

Les variants vont-ils devenir les souches dominantes au Canada? La Dre Theresa Tam n’a pas été capable de le prédire, mais a fait valoir, en réponse à une journaliste, que le variant britannique est maintenant prédominant dans de nombreux pays européens. Les projections ne démontrent pas, non plus, l’impact de la vaccination encore embryonnaire au pays. 

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