COVID-19: Le CIUSSSE-CHUS améliore sa capacité d’analyse et de criblage

SHERBROOKE, Qc — Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS vient d’ajouter une nouvelle suite d’appareils à son laboratoire de Fleurimont qui permettra d’accélérer et de multiplier la capacité d’analyse de tests de dépistage de la COVID-19 en plus d’identifier plus rapidement la présence potentielle de variants dans la communauté.

Cet équipement appelé le «Flow» peut traiter 1000 à 1200 échantillons par jour de manière automatisée. Il s’agit de quatre modules distincts qui remplacent les manipulations normalement effectuées par une armée de techniciens de laboratoire.

Selon Dr Philippe Martin, chef médical au Service de microbiologie du département de médecine de laboratoire du CIUSSSE-CHUS, l’automatisation des opérations devrait permettre de réduire de 50 % les besoins en main-d’œuvre dédiée à l’analyse de tests de dépistage de la COVID-19.

«Il faut comprendre que l’on pipette depuis le mois mars, donc on commençait à voir beaucoup de problèmes musculosquelettiques chez notre personnel de biologie moléculaire», souligne Dr Martin en citant notamment des maux d’épaules au sein de l’équipe qui travaille 24 heures par jour.

Le système Flow permet d’analyse 96 échantillons à la fois et l’on peut recharger l’appareil avant la fin de la procédure en cours, ce qui accélère l’opération. Chaque lot peut être analysé en moins de quatre heures. On réussit ainsi à traiter une douzaine de lots avec un minimum d’une à deux personnes aux commandes.

Le laboratoire de microbiologie de l’Hôpital Fleurimont a été désigné par le ministère de la Santé comme centre de dépistage de la COVID-19 dès le début de la pandémie, en mars 2020. Depuis, on a procédé à plus de 300 000 analyses d’échantillons en laboratoire.

Afin d’améliorer l’efficacité de ses installations, le laboratoire de Fleurimont s’est doté de la série d’appareils COBAS 6800, en avril 2020. Ces équipements ont permis aux techniciens d’automatiser une partie de leurs tâches et de multiplier leur capacité de traitement d’échantillons.

Le hic, c’est que le COBAS ne fonctionne qu’avec un seul type de réactif dont le fournisseur éprouve parfois des difficultés d’approvisionnement. De son côté, le Flow peut fonctionner avec divers types de réactifs. Cette suite d’appareils fait actuellement l’objet d’un prêt du ministère de la Santé, mais Dr Philippe Martin souhaite transformer ce prêt en acquisition permanente pour son équipe afin de servir éventuellement à d’autres types d’analyses.

L’autre particularité très appréciée du Flow, c’est qu’il s’avère compatible avec l’interface informatique du CIUSSSE-CHUS. C’est-à-dire qu’au lieu de devoir inscrire manuellement chaque résultat de test dans le dossier du patient concerné, puis de transmettre l’ensemble des données à la santé publique, l’information est transmise électroniquement par l’appareil.

Criblage plus efficace

Autre enjeu majeur, à l’heure où le Québec cherche à se protéger contre les différents variants du SRAS-CoV-2, le Flow permet d’effectuer rapidement le criblage des échantillons positifs. Depuis le 18 février, tous les tests positifs détectés à Fleurimont sont soumis au criblage.

«C’est un autre test moléculaire, on détecte en fait une mutation qui est commune aux trois virus sous surveillance rehaussée, les variants britanniques, brésiliens et d’Afrique du Sud», explique Dr Martin, lui-même microbiologiste et infectiologue.

Ces variants tant redoutés se propagent plus rapidement, ce qui rend d’autant plus important de repérer rapidement les éclosions afin d’intervenir et de les endiguer.

Pour les identifier, il faut procéder à une analyse différente, mais elle peut s’effectuer sur le même appareil. Actuellement, ce criblage doit se faire à la main par le personnel en laboratoire. «Avec le système Flow, ce sera encore plus facile et plus efficace», se réjouit le chef de département.

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