COVID-19: Le gouvernement Legault décrète l’état d’urgence sanitaire

Le Québec a entrepris «une course contre la montre», a commenté le premier ministre durant sa conférence de presse quotidienne sur le sujet.

QUÉBEC — Le Québec est désormais en état d’urgence sanitaire, engagé dans une guerre acharnée contre le coronavirus.

Le premier ministre François Legault a convoqué une réunion d’urgence de son conseil des ministres, vendredi soir, afin d’adopter un décret lui accordant davantage de pouvoirs pour freiner la propagation de la COVID-19 au Québec, où on compte désormais 24 personnes contaminées, dont au moins trois sont hospitalisées.

L’escalade de contraintes imposées par le gouvernement, qui limitent toujours davantage l’espace de liberté des citoyens, vise désormais à protéger plus particulièrement les plus vulnérables, soit les personnes âgées et les malades dans les hôpitaux.

Le Québec a entrepris «une course contre la montre», a commenté le premier ministre durant sa conférence de presse quotidienne sur le sujet, samedi, en faisant référence au virus réputé très contagieux, qui peut être mortel, et en annonçant une nouvelle série de mesures.

Ainsi, à compter de maintenant, pour limiter tout risque de contagion, il est interdit de se rendre visiter une personne âgée vivant dans un centre d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), une ressource intermédiaire ou une résidence privée pour aînés.

Il est également interdit d’aller visiter un malade à l’hôpital.

Selon les voeux de Québec, toute personne âgée de 70 ans et plus devrait demeurer cloîtrée chez elle, à moins de nécessité absolue, «durant un certain nombre de semaines», a aussi décrété le premier ministre.

La veille, il avait annoncé la fermeture des garderies, écoles, cégeps et universités pour les deux prochaines semaines.

À ce jour, tous les cas répertoriés au Québec sont le fait de personnes ayant séjourné à l’extérieur du pays.

Jusqu’à nouvel ordre, le premier ministre demande aux Québécois de renoncer à tout voyage à l’extérieur du pays.

«J’exhorte les Québécois à ne pas voyager à l’étranger», a-t-il dit.

Aux Québécois qui sont présentement à l’extérieur du pays, il recommande de prendre un billet d’avion et de revenir au plus tôt, pendant qu’il en est encore temps. «Dans les prochains jours, il va y avoir de moins en moins de vols», a prévenu M. Legault.

Il est recommandé qu’ils se placent en isolement volontaire à leur retour pendant 14 jours.

Les aéroports étant de compétence fédérale, il a rappelé ses efforts en vue de convaincre le premier ministre canadien, Justin Trudeau, de limiter de toute «urgence» le nombre de visiteurs étrangers qui débarquent chez nous.

En soirée, le bureau du premier ministre du Canada a fait savoir qu’un entretien a bien eu lieu, samedi, entre Justin Trudeau et François Legault.

«Ils ont notamment traité des mesures prises aux frontières et aux aéroports, et de moyens visant à soutenir les travailleurs et les entreprises», peut-on lire dans le communiqué qui laisse entendre que les frontières vont demeurer ouvertes aux visiteurs étrangers.

Dimanche, François Legault va tenir une série de rencontres avec les acteurs du milieu de la santé: médecins, infirmières, préposés aux bénéficiaires, porte-parole syndicaux, etc., pour s’assurer de leur collaboration et répondre à leurs besoins.

Le fait de promulguer l’état d’urgence sanitaire permettra au gouvernement de contourner les règles en vigueur, par exemple en procédant à des achats de marchandises sans appel d’offres, de ramener au travail plus rapidement des infirmières à la retraite et de rémunérer les médecins qui procèdent à des consultations à distance.

La nouvelle ligne téléphonique d’information (1-877-644-4545) créée vendredi (qui remplace le 811) a connu un succès instantané: en 24 heures, le nombre d’appels a quadruplé, passant de 4000 à 16 000. Le nombre de lignes disponibles passera lundi de 1200 à 2000 et 80 infirmières supplémentaires vont pouvoir répondre aux demandes des citoyens inquiets de leur santé.

Dès lundi, les 12 nouvelles cliniques de dépistage promises devraient ouvrir leurs portes, un peu partout au Québec, a indiqué de son côté la ministre de la Santé, Danielle McCann.

Selon le premier ministre Legault, le Québec n’est pas à la traîne dans sa lutte contre le virus. Au contraire, «on a fait plus de prévention jusqu’à présent qu’à peu près n’importe où dans le monde», a-t-il fait valoir.

Chose certaine, la gestion de cette crise sanitaire, d’une ampleur jamais égalée, aura des impacts importants sur l’économie et s’annonce fort coûteuse pour le trésor public. Québec prévoit déjà devoir déposer à court terme une mise à jour économique pour «ajouter des milliards de dollars de plus» aux dépenses déjà annoncées, il y a quelques jours à peine, lors du dépôt du budget 2020-2021, mardi dernier.

Dans le même esprit, l’Assemblée nationale a été convoquée mardi pour adopter en urgence des crédits supplémentaires.

Un plan de compensation financière des entreprises et des travailleurs touchés de près par le virus est aussi en préparation et devrait être rendu public dans les prochains jours.

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La fermeture des écoles et autres lieux publics, un geste responsable et courageux

Connaissant l’état de notre système de santé, la fermeture des écoles, garderies et lieux de rassemblement est une décision responsable et courageuse qu’il faut saluer.

Ces fermetures ne vont pas beaucoup réduire le nombre de malades, mais elles vont les étaler sur une plus longue période de temps. Nous devons « aplatir la courbe» pour protéger notre système de santé qui serait autrement facilement débordé comme l’explique cet article du Devoir (http://bit.ly/2IIJQYv).

Avec un virus bénin, comme la grippe porcine, il ne serait pas nécessaire de fermer les écoles. En effet, la fermeture des écoles est perturbatrice et coûteuse. Les parents qui travaillent doivent jongler avec leurs horaires pour prendre soin de leurs enfants. Mais avec l’épidémie actuelle, comme le montre tristement l’Italie où l’on choisit qui intuber ou ventiler, il faut tout faire pour que notre système de santé résiste à l’effondrement.

Scientifiquement vôtre

Claude COULOMBE
père de famille

P.-S.: Pour contrer mon angoisse du COVID-19, rien de mieux que de passer à l’action. J’ai donc partagé un petit carnet web Python qui permet de comparer les stratégies de différents pays pour ralentir la progression de la pandémie du COVID-19. Pour ceux que la science intéresse (http://bit.ly/38OQPdc)…

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