COVID-19: le SPVQ a fait 900 interventions depuis le début de la crise

QUÉBEC — Le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) est intervenu à 900 reprises depuis le début de la crise de la COVID-19 auprès de personnes qui ne respectaient pas les consignes de santé publique.

C’est ce qu’a rapporté le chef de police Robert Pigeon vendredi, lors d’une conférence de presse téléphonique qui visait à faire le point sur la situation dans la Capitale-Nationale.

Il a fait état d’une vingtaine de cas où des personnes ont résisté aux policiers. Leurs dossiers ont été transférés aux enquêteurs, puis par la suite au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a-t-il indiqué.

Au terme de cette analyse, les récalcitrants pourraient se voir imposer une amende entre 1000 $ et 6000 $.

Le SPVQ dit répondre à une centaine d’appels par jour en lien avec la COVID-19. Tous les appels sont à l’heure actuelle logés au 9-1-1, et le service n’exclut pas l’ouverture éventuellement d’une ligne dédiée. 

Violence conjugale à la hausse

Par ailleurs, la crise sanitaire a entraîné une hausse des cas de violence conjugale à Québec — 15 cas supplémentaires comparativement à la même période l’année dernière.

«Malheureusement, on peut voir une légère tendance à la hausse des violences conjugales, a déclaré M. Pigeon. J’invite la population à ne pas hésiter à contacter leur service de police, (…) mais également, il y a l’ensemble des groupes communautaires qui sont prêts à assister des personnes dans le besoin.»  

Les policiers de la Ville de Québec ont toutefois constaté une diminution «très importante» des vols ainsi qu’une «coupure drastique» des accidents de la route. Le nombre de fraudes sur le territoire demeure à peu près inchangé.               

Néanmoins, le SPVQ dit avoir accru sa présence près des commerces déserts et des résidences de personnes âgées, qui se sentent rassurées par ce geste, a assuré M. Pigeon. 

Géolocalisation?

Robert Pigeon n’a pas voulu confirmer, vendredi, l’utilisation par ses policiers de la géolocalisation pour intervenir auprès d’une personne atteinte de la COVID-19 qui ne respectait pas les règles de confinement. 

La géolocalisation est une méthode controversée qui consiste à suivre une personne au moyen de son téléphone cellulaire.

Le 20 mars dernier, des policiers munis d’un mandat d’ordonnance de la Direction de santé publique ont intercepté une femme dans le quartier Limoilou.  

Elle était potentiellement contagieuse, se promenait librement et ne respectait pas le confinement obligatoire. La personne a cependant bien collaboré avec les forces de l’ordre qui l’ont emmenée dans un centre hospitalier.

«À Québec, nous avons eu probablement le seul cas au Québec de non-coopération d’une personne qui était atteinte de la maladie et ne respectait pas les règles de confinement», a déclaré le chef de police. 

«À ce moment-là, on a utilisé tous les moyens d’enquête à notre disposition pour la localiser et mettre fin à l’infraction et s’assurer de la sécurité des autres membres de notre communauté.

«La géolocalisation, comme plusieurs autres moyens d’enquête, sont tout à fait à notre disposition. Ce sont des moyens qu’on peut utiliser en cas de nécessité absolument absolue», a-t-il ajouté.