COVID-19: Legault laisse la SAQ ouverte en vue d’éviter un chaos social

QUÉBEC — Éviter le chaos social: tel est l’objectif du premier ministre François Legault, en adoptant certaines mesures controversées, comme celle de laisser ouvertes les succursales de la SAQ et de la SQDC, considérées dorénavant comme des services essentiels.

Durant sa conférence de presse quotidienne, mardi, le premier ministre a insisté pour dire à la population qu’il était normal, vu l’ampleur de la crise sanitaire et des interdits imposés, de ressentir du stress et de la frustration.

«C’est important qu’il n’y ait pas de chaos dans la société», a répondu le premier ministre, lorsqu’on lui a demandé s’il craignait les tensions sociales causées par toutes les consignes, les pertes d’emplois, les interdits et la peur d’attraper le virus de la COVID-19.

La décision de laisser la SAQ et la SQDC ouvertes «va dans ce sens-là», a-t-il convenu. Le gouvernement ne veut pas voir «de chaos dans les épiceries», a-t-il dit, ajoutant qu’il ne voulait pas davantage voir des personnes ayant un problème d’alcool engorger le système de santé.

«On essaie de tout mettre en place pour pas qu’il y ait de chaos, malgré l’anxiété normale, malgré le stress normal», a-t-il expliqué, en disant qu’on ne déplorait pas de débordements ou de désordres sociaux pour l’instant.  

Pour réduire le stress, il faut faire de l’exercice, a conseillé le premier ministre, comme aller faire une marche, et des fois prendre «un verre de vin pourrait aider».

L’augmentation quotidienne du nombre de cas de personnes contaminées ne contribue en rien à diminuer l’anxiété ambiante. Le Québec comptait mardi midi 1013 cas confirmés, soit une hausse de 385 cas en seulement 24 heures. Le nombre de décès plafonne à quatre depuis plusieurs jours.  

Il entend intervenir plus tard pour venir en aide aux personnes qui souffrent particulièrement d’anxiété, mais la priorité, à très court terme, demeure d’éviter la contagion et d’assurer l’approvisionnement en équipement médical, en vue d’effectuer toujours davantage de tests de dépistage.

Le Québec dispose de réserves d’équipement médical pour «quelques semaines», mais pourrait connaître une pénurie par la suite, si jamais les commandes passées par le gouvernement à des pays étrangers ne sont pas livrées à temps.

Et «on pense que la crise va durer plus que quelques semaines», a-t-il rappelé.

L’approvisionnement devient dans ce contexte «la priorité des priorités», a-t-il indiqué au premier ministre fédéral Justin Trudeau, au cours d’une conférence téléphonique avec ses homologues, lundi soir.

Il l’a exhorté «à donner un coup de main» au Québec pour s’assurer qu’il disposera de suffisamment d’équipement médical approprié, le temps que la crise soit passée. 

À tous ceux qui se retrouvent sans emploi, M. Trudeau l’a assuré que les chèques seraient postés le 6 avril.

M. Legault a aussi indiqué à son homologue fédéral qu’il jugeait «prématurée» l’adoption éventuelle par Ottawa d’une loi sur les mesures d’urgence. Le Québec tient à conserver toute sa «flexibilité» et «sa marge de manoeuvre» dans le choix des mesures à implanter pour lutter contre la pandémie, a fait valoir M. Legault à M. Trudeau.

Aux citoyens qui s’impatientent, M. Legault rappelle que la crise sanitaire actuelle est temporaire. L’intensité de l’action gouvernementale vise précisément à retrouver une vie normale le plus tôt possible.

«On a pris des mesures fortes, des mesures rapides, justement pour essayer que ça dure le moins longtemps possible», a dit M. Legault, dont la priorité absolue demeure de «sauver des vies».

Plus on agira avec force, a ajouté le premier ministre, plus on pourra émerger rapidement de la situation difficile qui prévaut présentement.

La fermeture décrétée lundi de toutes les entreprises et de tous les commerces, sauf exception, pendant les trois prochaines semaines, permet d’espérer, à terme, commencer à observer «une stabilisation» du nombre de cas.  

Mais tout dépendra de la discipline des Québécois et du degré d’observation des consignes d’hygiène, de distanciation sociale et de confinement, a précisé le directeur national de la santé publique, Horacio Arruda.

M. Legault a lui aussi, une fois de plus, rappelé l’importance d’éviter tout contact physique, en disant que les soupers en famille ou entre amis étaient ces temps-ci «la pire chose qu’on puisse faire».

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