COVID-19: Legault se donne une note parfaite, les partis d’opposition sont incrédules

Le premier ministre a affirmé en entrevue à L’actualité qu’il n’avait commis aucune erreur depuis le début de la crise sanitaire.

QUÉBEC — L’opposition à Québec reste incrédule devant un François Legault qui s’attribue une note parfaite pour sa gestion de la pandémie.

Le premier ministre a affirmé en entrevue à L’Actualité qu’il n’avait commis aucune erreur depuis le début de la crise sanitaire.

Cette déclaration a fait bondir les partis d’opposition à l’Assemblée nationale, qui ont aussitôt dressé une liste de situations qui auraient pu être mieux gérées.

À commencer par l’annonce «manquée et précipitée» du plan pour Noël, a souligné jeudi en point de presse la cheffe libérale, Dominique Anglade.

Selon le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, le premier ministre Legault tient là un propos «insultant et particulièrement prétentieux».

M. Bérubé a rappelé qu’à ce jour, la COVID-19 aura fait plus de 7000 morts au Québec.

Il rappelle également que les CHSLD étaient mal préparés, que le gouvernement a tardé avant d’imposer le port du masque et qu’il y a eu des ratés dans le dépistage et le traçage. 

«Sept mille cent morts, un Québec qui est submergé par les cas, (…) et le premier ministre n’a fait aucune erreur? Je laisse le soin aux Québécois de juger», a lancé M. Bérubé en point de presse.

Dès le printemps dernier, M. Legault a reconnu publiquement qu’il aurait dû améliorer le traitement des préposés aux bénéficiaires.

Mais à la question du journaliste Alec Castonguay, qui était «Avez-vous fait une erreur? Quelque chose que vous aimeriez faire différemment?», le premier ministre a répondu: «Non, je n’en vois pas.» 

Pascal Bérubé croit que cette phrase reviendra hanter le premier ministre. «Nous avons un premier ministre parfait, a-t-il ironisé. On n’est pas dans le doute, on est dans la certitude.»

«Vous nous permettrez d’avoir une appréciation différente de l’action de son gouvernement depuis le début de la pandémie», a-t-il ajouté.

Selon M. Bérubé, le Québec est «dans les pires», et le gouvernement aurait «certainement» pu faire mieux.

Si M. Legault est à ce point infaillible, pourquoi refuse-t-il de déclencher une commission d’enquête publique sur sa gestion de la pandémie? a demandé Mme Anglade en entrevue à La Presse Canadienne. 

Legault persiste et signe

Lors d’une période des questions particulièrement houleuse jeudi, M. Legault s’est déclaré «fier» de son action depuis neuf mois. 

Devant le chef parlementaire du PQ, qui dressait en Chambre une liste de ce qu’il considérait des erreurs, M. Legault s’est défendu en tournant le projecteur vers la Direction nationale de la santé publique.

«Pour ce qui est des mesures concernant les masques, la ventilation, ce sont des mesures de la santé publique et (…) depuis le début, j’ai toujours suivi (…) ce que la santé publique me suggérait», a-t-il déclaré.

Plus tard en conférence de presse, il a insisté, en français, sur le fait qu’il n’était pas parfait, avouant candidement qu’il aurait dû se préparer une meilleure réponse avant l’entrevue avec M. Castonguay.

Mais lorsque la question lui a été posée en anglais, à savoir s’il reconnaissait avoir fait des erreurs, il a haussé les épaules et maintenu qu’il n’en voyait aucune.

«Le journaliste m’a demandé ce que j’aurais fait différemment. Bon, j’aurais augmenté les salaires des préposés avant la pandémie, mais à part ça, je n’ai pas été capable de trouver un endroit où, avec l’information que j’avais à l’époque, j’aurais pris une décision différente», a-t-il expliqué. 

«Honnêtement, même aujourd’hui, mis à part les salaires des préposés, avec l’information que j’avais, je ne vois rien qui a été fait de manière incorrecte», a-t-il ajouté. 

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COVID-19: Legault se donne une note parfaite, les partis d’opposition sont incrédules
Ce titre en lui-même est menteur et inutilement provocateur.
Heureusement, j’ai regardé le point de presse à 13 h aujourd’hui et là, j’ai eu l’heure juste.
Vous le mentionnez en passant, bien sûr, mais à la fin de votre article.
J’appelle ça de l’information tronquée et du très mauvais journalisme, indigne des pages de L’Actualité.